Les interactions arts et sciences et la construction de l’avenir du Savoir

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Mesdames, Messieurs

Pour sa 1ère conférence au titre de l’année 2018, le Centre Mohamed Hassan Ouazzani pour la Démocratie et le Développement Humain a le plaisir d’accueillir Monsieur  le Professeur  Monssef Sedki Alaoui, le mercredi  24 Janvier 2018 à 16h. Il traitera le sujet suivant:

“Les interactions arts et sciences et la construction de l’avenir du Savoir”

La conférence sera présidée et modérée par le Professeur Abdellah Cherif Ouazzani.

Nous serions très heureux de compter sur votre présence à ladite conférence et sur votre participation au débat qui suivra.

Avec nos meilleures salutations

 

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Les interactions arts et sciences et la construction de l’avenir du savoir

 Pr. Monssef SEDKI ALAOUI

  Plasticien poète chercheur au LADES

      FLSHM, Université Hassan II, Casablanca.

 

Après le rayonnement de l’Andalousie et la chute de Grenade, l’art et la science connaîtront une Renaissance notoire avec l’émergence du génie L . de Vinci. Une vision profonde qui traversera les siècles pour s’acheminer comme système universel du savoir créant un développement global en Occident et le reste du monde dit « développé ».

Avec le détour des lumières (Rousseau), la modernité du XXème siècle (Picasso), la post modernité (Camus…) et  jusqu’au XXIème siècle (notre trilogie du  Dévoilement) la dynamique de la connaissance dans les champs des sciences humaines et exactes converge vers une  cohabitation harmonieuse entre l’esprit artistique et les expériences scientifiques en termes de créativité, inventions, innovations….

Comment s’est opéré le déclic de cette nouvelle pensée universelle ? Cette expérience pourrait-elle être le catalyseur d’autres expériences de fraternité entre les arts et les sciences, de ce qu’on pourrait designer aujourd’hui par: “société de la connaissance multiple et plurielle” ayant un souci majeur et pacifique de ré humanisation de notre monde de plus en plus disloqué par les conflits destructeurs qui appliquent leurs « idéologies » aux implications artistiques et scientifiques à plusieurs égards…La vision poétique telle que nous la concevons dans notre expérience d’écriture (Dévoilement) serait le point de départ et l’alternative en devenir qui appelleraient à  la réhabilitation de la pensée ancestrale du Médiéval musulman et à  l’assimilation des avancées esthétiques et scientifiques d’aujourd’hui pour mieux s’engager et engager « la famille humaine » dans la construction d’un meilleur avenir.

Président de séance

Dr. Abdellah Cherif Ouazzani 

Enseignant chercheur en pensée islamique et sciences de l’éducation

Doctorat en sciences islamiques de l’université Mohamed V à Rabat

MBA de l’université du Québec à Montréal

Livres écrits en français:

– Le Prophète de l’Islam, le Modèle

– Ce qu’il faut connaitre du Coran

– L’Islam pris en otage

Livres écrits en arabe:

 الزاوية الوزانية بفاس خصائصها وأعلامها

  سيراج الغيوب في أعمال القلوب

     لماذا نفرح بالمصطفى

Conférencier de séance 

Dr. Monssef Sedki Alaoui

                           Plasticien poète, chercheur en art post moderne.

Travaille à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Mohammedia

 Université Hassan II de Casablanca.

       Vit entre Essaouira et Mohammedia

Initiateur De la rencontre du Tourisme artistique à Essaouira depuis 2002 et du Printemps poétique de Mohammedia créé en 2010, Dr Monssef SEDKI ALAOUI, est récemment récompensé en début 2016 par le « Trophée de l’honneur » pour ses efforts dans la promotion de l’art néo abstrait et l’inter culturalité au Maroc en tant qu’écrivain chercheur, praticien de l’art dans le cadre de la première édition du festival des ARTS PLASTIQUES ET DES DIALOGUES DE CULTURES DE CASABLANCA.

Cet artiste chercheur et acteur culturel si présent dans la sphère culturelle marocaine, maghrébine et internationale a publié une trilogie esthétique et poétique relatant deux cycles de réflexion un recueil de textes poèmes en deux Tomes intitulés : Gestations spirituelles respectivement en 2003 et 2013, un ouvrage sur l’esthétique : « L’art comme écriture de l’ombre et de la lumière » (en traduction).

Lauréat et major de promotion de la section Arts plastiques (Rabat,1993), il expose à partir de cette date des recherches orientées vers la néoabstraction articulée avec une poétique spiritualiste. A partir de l’été 2016, il fait partie comme théoricien et praticien à un groupe de recherche maroco allemand préoccupé par l’innovation en matière d’esthétique abstraite.

L’exposition de janvier 2017 est le déclic plastique et poétique d’une tournée dont l’objectif est de créer un dialogue autour d’un éventuel courant.

 

 

Eloge des identités molles

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Mesdames, Messieurs

Pour sa 7ème conférence au titre de l’année 2017, le Centre Mohamed Hassan Ouazzani pour la Démocratie et le Développement Humain a eu le plaisir d’accueillir Monsieur  le Professeur  Hassan Rachik, le jeudi 14 Décembre 2017 à 16h. Il a traité  le sujet suivant:

“Eloge des identités molles”

La conférence a  été  présidée et modérée par le Professeur Abdelouhab MaalmiNous vous remercions vivement pour votre présence et pour  votre participation au débat qui a suivi.

Avec nos meilleures salutations

 

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Président de séance

Abdelouhab Maalmi

Abdelouhab Maalmi est né en 1952 à Fès, Maroc. Il est Docteur d’Etat en sciences politiques de l’Université Bordeaux I, France. Ambassadeur du Maroc au Vatican de 1997 à 2001, professeur depuis 1976 à la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de l’Université Hassan II, Casablanca. Spécialiste des relations internationales, il enseigne la Théorie des relations internationales, la Géopolitique  et l’Analyse de la politique étrangère.

Il est Membre fondateur du Groupement d’études et de recherches sur la Méditerranée (GERM) (Rabat),  membre de la commission scientifique de l’Annuaire de la Méditerranéedu GERM(dont il est rédacteur en chef depuis avril 2012), de la revue Islamochristiana (Rome), et ancien rédacteur en chef de la revue Prologues (Casablanca). Il est membre honoraire de l’Accademia  Angelica Costantiniana, des Lettres, Arts et Sciences, Rome (novembre 2000) ;Décoré par le Pape Jean-Paul II de la Grand-Croix de l’Ordre de Pie  IX (octobre 1999).

Il a de nombreux travaux de recherches et a donné plusieurs conférences au Maroc et à l’étranger en matière de relations internationales, de géopolitique, de politique étrangère du Maroc, de droit islamique et de dialogue interreligieux. Un intérêt particulier est porté aux problèmes de sécurité et au rôle de  l’OTAN en Méditerranée depuis le début des années quatre-vingt-dix dans le cadre du GERM, de l’enseignement et de la recherche (articles et direction de thèses et mémoires). Il a dirigé et présenté en 2012 les Mélanges offerts en l’honneur du professeur Hassan Ouazzani Chahdi soue le titre Droit et mutations sociales et politiques au Maroc et au Maghreb, Paris, éditions Publisud.

Conférencier de séance 

Hassan Rachik

 Hassan Rachik, est anthropologue, Professeur à l’Université Hassan II, Casablanca (1982-présent), Directeur de la Chaire Paul Pascon pour les Sciences Sociales, ‘Ecole de gouvernance et d’économie à Rabat (2015-), Directeur du Centre Marocain des Sciences Sociales (2017-), Professeur visiteur  à  Princeton University (1993-1994) ; l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Paris (1997, 2011) ; Brown University (1998) ; Saint Joseph, Beyrouth (2003-2006), Institute For the Study of Islamic Civilisations, London (2007, 2008) ; Institut d’Etudes Politiques, Aix-en-Provence (2011).

Rachik a fortement contribué au développement d’approches intensives mettant  en rapport le point de vue des acteurs (paysans, nomades, nationalistes…) avec les situations et les processus sociaux dans lesquels ils sont engagés. Il a consacré ses premières recherches de terrain à l’interprétation des rituels sacrificiels (1990, 1992) et aux changements sociaux en milieu rural et nomade (2000). Il s’est intéressé ensuite à l’étude des idéologies (2003, 2006), aux processus d’idéologisation de la religion, et à la sociologie de la connaissance anthropologique (2012). Il conduit actuellement une réflexion sur la genèse du réformisme religieux, sur la connaissance commune et ses articulations aux idéologies politiques et religieuses.  Auteur de plusieurs ouvrages dont Le sultan des autres, rituel et politique dans le Haut  Atlas (1992),  Comment rester nomade (2000), Symboliser la nation  Essai sur l’usage des identités collectives au Maroc (2003),  Usages de l’identité amazighe (dir., 2006),  Le proche et le lointain Un siècle d’anthropologie au Maroc (2012), L’esprit du terrain (2016), co-auteur de L’anthropologie dans le Monde arabe (en arabe, 2012).

La question principale, qui guide son dernier livre, Eloge des identités molles (2016), est classique en sociologie et en anthropologie. Elle concerne le rapport entre l’individuel et le collectif, et plus particulièrement le degré d’autonomie laissée aux individus se réclamant de telle ou telle identité. Il oppose en les analysant deux types d’identités collectives, les identités dures, criées sur les toits, qui sont univoques, prescrites et totalitaires, et les identités molles, idéologiquement orphelines, définies comme plurielles, cumulatives et contextuelles.

 

 

Identités : de la souplesse !

Auteur : Hassan Rachik

Le dernier ouvrage de Hassan Rachik plaide pour des identités multiples, relatives et non totalitaires.

C’est par une jolie parabole que Hassan Rachik ouvre son dernier livre. Un vieux couple heureux regrette l’harmonie sans faille de ses débuts et consulte un sage, qui leur dit : « Le bonheur, c’est maintenant que vous le vivez, car si vous êtes constamment d’accord sur tout, l’un d’entre vous sera inutile. » Le professeur d’anthropologie à l’Université Hassan II de Casablanca décrypte la notion, à la fois galvaudée et souvent interprétée dans un sens fermé et excluant, d’identité, dont il analyser la dimension idéologique. Hassan Rachik a consacré de nombreux travaux à la notion d’identité collective : tribale, nationale, amazighe, etc. « Jusque-là, les identités étudiées étaient plutôt paisibles », rappelle-t-il, mais à partir de 2005, l’exacerbation d’identités religieuses radicales l’amènent à analyser les notions d’identité dure et d’identité molle (au sens calqué de l’anglais soft, comme dans l’expression « sciences dures / sciences molles »).

Il rappelle que la notion d’identité, qu’elle soit individuelle ou collective, se fonde sur une tension entre similitude et différence. Il s’agit à la fois de s’affirmer comme membre d’un groupe et différent d’un autre groupe. Or, c’est au niveau de l’articulation entre identité individuelle et identité collective que se produit le nœud de crispation, révélateur du niveau de dureté. « Selon cette logique identitaire, un individu qui affiche son appartenance à une communauté est tenu de mettre en veilleuse, de façon intermittente ou permanente, son identité personnelle, c’est-à-dire ce qui le différencie des membres de sa communauté (compatriotes, coreligionnaires). Il est en même temps tenu de souligner ce qui le lie aux membres de sa communauté et les distingue, en tant que collectif, du reste des communautés. » D’emblée, Hassan Rachik place le débat sous le signe de la contrainte qu’exerce le groupe sur l’individu, même s’il nuance : « La portée et l’intensité des similitudes et des différences dépendent du degré d’autonomie et de sujétion (hétéronomie) de l’individu au groupe ». S’il précise dès l’avant-propos que ce degré est largement dépendant des contextes politiques, des réseaux de mobilisation, etc., c’est à la dimension idéologique de l’identité qu’il s’intéresse.« Folles », « meurtrières », « sauvages », les identités collectives, qu’elles soient politiques, religieuses, linguistiques, etc., font en effet l’objet d’instrumentalisation et d’exhibition si violentes que l’individu est menacé d’engloutissement par le groupe.

Pour l’autonomie

Si l’identité a une fonction classificatoire, permettant d’identifier un groupe selon un critère (langue, nationalité, religion…), et des fonctions pratiques, orientantses relations sociales, Hassan Rachik s’intéresse à sa dimension impérative : « elle ne dit pas seulement ce qu’on est mais aussi ce qu’on doit faire ». L’ouvrage procède ensuite par un inventaire des différentes formes d’identité qu’on trouve suite au processus d’idéologisation, « c’est-à-dire [au] passage d’identités implicites et pragmatiques à des identités explicites, exhibées, criées sur les toits ». L’identité univoque (« Être musulman et rien que musulman »), qui « exclut la pluralité et la relativité », est typique d’une « identité assiégée dans un monde où les appartenances identitaires sont de fait plurielles », et d’une idéologie autoritaire. La métaphore du creuset permet de justifier la coexistence de plusieurs identités en affirmant l’assimilation des identités exogènes dans l’identité endogène. C’est le discours de Ali Safi à propos de l’amazighité et de l’islam. D’un autre côté, l’identité cumulative soulève la question du conflit de loyauté. Pour l’illustrer, Hassan Rachik s’appuie sur le film de Youssef Chahine, Saladin, qui met en scène ce conflit entre arabité et appartenance au christianisme. Il cite également Abdelkebir Khatibi, qui notait que « le monde arabe souffre de ce qu’il appelle l’illusion unioniste », c’est-à-dire le hiatus entre une croyance en l’unité et la réalité diverse. Pour Hassan Rachik, la notion d’identité plurielle est « incompatible avec celle de spécificité chère aux idéologies centrées sur un passé culturel ancestral ».

L’auteur aborde ensuite une autre articulation, entre identité prescrite et identité acquise. La première induit héritage et transmission passive, et tend à une « conception substantiviste ». Ce sont les pensées de l’Âge d’or, prônées par les fondamentalistes, les amateurs de pureté et d’intemporalité, qui vont jusqu’à estimer que cette identité doit être intériorisée par l’individu, y compris malgré lui (« Le fils d’un Égyptien est égyptien qu’il le veuille ou non »). Variante relevant de la même logique de négation de la subjectivité individuelle : « traiter d’infidèles, d’impies, d’apostats, des gens qui se considèrent musulmans ». D’un autre côté, l’identité acquise, qui s’inscrit en rupture avec le groupe d’appartenance, est caractéristique des sociétés modernes et dynamiques, permettant à des individus « d’acquérir de nouvelles identités », d’être actif dans ce choix, voire dans leur multiplication. C’est ce que défend Amin Maalouf dans Les identités meurtrières, en plaidant pour le rôle actif de l’individu, créant une combinaison singulière de ses multiples appartenances.

Hassan Rachik s’intéresse enfin à la contrainte produite par l’identité totalitaire, qui « vise à organiser toutes les sphères de la vie en société, familiale, politique, économique, culturelle ». Ainsi du slogan « al-islam kulluh, al-islam wahduh » prôné par Abdeslam Yassine. À l’inverse, l’identité sélective « indique aux gens ce qu’ils sont et ce qu’ils doivent faire à des occasions déterminées et dans des secteurs limités de la vie sociale». Hassan Rachik conclut cet inventaire sur un plaidoyer pour des identités multiples, ouvertes, cumulatives, relatives, choisies, permettant une articulation harmonieuse entre le Je et le Nous. « Le débat public devrait aussi porter sur les formes identitaires et leur compatibilité avec les valeurs que des personnes et des groupes défendent, plaide-t-il. Par exemple : est-ce qu’une conception substantiviste des identités collectives est compatible avec l’autonomie individuelle ? » L’enjeu est de sortir notamment « d’une conception totale du consensus ». Si on est d’accord sur le fond, on se demande si le genre de l’inventaire est le plus efficace dans un but de plaidoyer. Pour aller plus loin sur cette question, l’excellent livre de François Laplantine, professeur d’ethnologie et d’anthropologie, Je, nous et les autres (Éd. Le Pommier, 1999), démonte de façon très efficace, et avec beaucoup d’humour, la dimension idéologique des notions d’identité et de représentation à partir du langage.

 

Par Kenza Sefrioui

 

Éloge des identités molles

Hassan Rachik

La Croisée des chemins, 128 p., 70 DH

Identités : de la souplesse !

Auteur : Hassan Rachik

Le dernier ouvrage de Hassan Rachik plaide pour des identités multiples, relatives et non totalitaires.

C’est par une jolie parabole que Hassan Rachik ouvre son dernier livre. Un vieux couple heureux regrette l’harmonie sans faille de ses débuts et consulte un sage, qui leur dit : « Le bonheur, c’est maintenant que vous le vivez, car si vous êtes constamment d’accord sur tout, l’un d’entre vous sera inutile. » Le professeur d’anthropologie à l’Université Hassan II de Casablanca décrypte la notion, à la fois galvaudée et souvent interprétée dans un sens fermé et excluant, d’identité, dont il analyser la dimension idéologique. Hassan Rachik a consacré de nombreux travaux à la notion d’identité collective : tribale, nationale, amazighe, etc. « Jusque-là, les identités étudiées étaient plutôt paisibles », rappelle-t-il, mais à partir de 2005, l’exacerbation d’identités religieuses radicales l’amènent à analyser les notions d’identité dure et d’identité molle (au sens calqué de l’anglais soft, comme dans l’expression « sciences dures / sciences molles »).

Il rappelle que la notion d’identité, qu’elle soit individuelle ou collective, se fonde sur une tension entre similitude et différence. Il s’agit à la fois de s’affirmer comme membre d’un groupe et différent d’un autre groupe. Or, c’est au niveau de l’articulation entre identité individuelle et identité collective que se produit le nœud de crispation, révélateur du niveau de dureté. « Selon cette logique identitaire, un individu qui affiche son appartenance à une communauté est tenu de mettre en veilleuse, de façon intermittente ou permanente, son identité personnelle, c’est-à-dire ce qui le différencie des membres de sa communauté (compatriotes, coreligionnaires). Il est en même temps tenu de souligner ce qui le lie aux membres de sa communauté et les distingue, en tant que collectif, du reste des communautés. » D’emblée, Hassan Rachik place le débat sous le signe de la contrainte qu’exerce le groupe sur l’individu, même s’il nuance : « La portée et l’intensité des similitudes et des différences dépendent du degré d’autonomie et de sujétion (hétéronomie) de l’individu au groupe ». S’il précise dès l’avant-propos que ce degré est largement dépendant des contextes politiques, des réseaux de mobilisation, etc., c’est à la dimension idéologique de l’identité qu’il s’intéresse.« Folles », « meurtrières », « sauvages », les identités collectives, qu’elles soient politiques, religieuses, linguistiques, etc., font en effet l’objet d’instrumentalisation et d’exhibition si violentes que l’individu est menacé d’engloutissement par le groupe.

Pour l’autonomie

Si l’identité a une fonction classificatoire, permettant d’identifier un groupe selon un critère (langue, nationalité, religion…), et des fonctions pratiques, orientantses relations sociales, Hassan Rachik s’intéresse à sa dimension impérative : « elle ne dit pas seulement ce qu’on est mais aussi ce qu’on doit faire ». L’ouvrage procède ensuite par un inventaire des différentes formes d’identité qu’on trouve suite au processus d’idéologisation, « c’est-à-dire [au] passage d’identités implicites et pragmatiques à des identités explicites, exhibées, criées sur les toits ». L’identité univoque (« Être musulman et rien que musulman »), qui « exclut la pluralité et la relativité », est typique d’une « identité assiégée dans un monde où les appartenances identitaires sont de fait plurielles », et d’une idéologie autoritaire. La métaphore du creuset permet de justifier la coexistence de plusieurs identités en affirmant l’assimilation des identités exogènes dans l’identité endogène. C’est le discours de Ali Safi à propos de l’amazighité et de l’islam. D’un autre côté, l’identité cumulative soulève la question du conflit de loyauté. Pour l’illustrer, Hassan Rachik s’appuie sur le film de Youssef Chahine, Saladin, qui met en scène ce conflit entre arabité et appartenance au christianisme. Il cite également Abdelkebir Khatibi, qui notait que « le monde arabe souffre de ce qu’il appelle l’illusion unioniste », c’est-à-dire le hiatus entre une croyance en l’unité et la réalité diverse. Pour Hassan Rachik, la notion d’identité plurielle est « incompatible avec celle de spécificité chère aux idéologies centrées sur un passé culturel ancestral ».

L’auteur aborde ensuite une autre articulation, entre identité prescrite et identité acquise. La première induit héritage et transmission passive, et tend à une « conception substantiviste ». Ce sont les pensées de l’Âge d’or, prônées par les fondamentalistes, les amateurs de pureté et d’intemporalité, qui vont jusqu’à estimer que cette identité doit être intériorisée par l’individu, y compris malgré lui (« Le fils d’un Égyptien est égyptien qu’il le veuille ou non »). Variante relevant de la même logique de négation de la subjectivité individuelle : « traiter d’infidèles, d’impies, d’apostats, des gens qui se considèrent musulmans ». D’un autre côté, l’identité acquise, qui s’inscrit en rupture avec le groupe d’appartenance, est caractéristique des sociétés modernes et dynamiques, permettant à des individus « d’acquérir de nouvelles identités », d’être actif dans ce choix, voire dans leur multiplication. C’est ce que défend Amin Maalouf dans Les identités meurtrières, en plaidant pour le rôle actif de l’individu, créant une combinaison singulière de ses multiples appartenances.

Hassan Rachik s’intéresse enfin à la contrainte produite par l’identité totalitaire, qui « vise à organiser toutes les sphères de la vie en société, familiale, politique, économique, culturelle ». Ainsi du slogan « al-islam kulluh, al-islam wahduh » prôné par Abdeslam Yassine. À l’inverse, l’identité sélective « indique aux gens ce qu’ils sont et ce qu’ils doivent faire à des occasions déterminées et dans des secteurs limités de la vie sociale». Hassan Rachik conclut cet inventaire sur un plaidoyer pour des identités multiples, ouvertes, cumulatives, relatives, choisies, permettant une articulation harmonieuse entre le Je et le Nous. « Le débat public devrait aussi porter sur les formes identitaires et leur compatibilité avec les valeurs que des personnes et des groupes défendent, plaide-t-il. Par exemple : est-ce qu’une conception substantiviste des identités collectives est compatible avec l’autonomie individuelle ? » L’enjeu est de sortir notamment « d’une conception totale du consensus ». Si on est d’accord sur le fond, on se demande si le genre de l’inventaire est le plus efficace dans un but de plaidoyer. Pour aller plus loin sur cette question, l’excellent livre de François Laplantine, professeur d’ethnologie et d’anthropologie, Je, nous et les autres (Éd. Le Pommier, 1999), démonte de façon très efficace, et avec beaucoup d’humour, la dimension idéologique des notions d’identité et de représentation à partir du langage.

 

Par Kenza Sefrioui

 

Éloge des identités molles

Hassan Rachik

La Croisée des chemins, 128 p., 70 DH

Mot d'accueil de la présidente: Dr. Houria Ouazzani

Conférencier - Hassan Rachik - Anthropologue

Débats - Eloge des identités molles

Le royaume du Maroc face au royaume de la mer: de la vocation à l’ambition

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Mesdames, Messieurs

Pour sa 6ème conférence au titre de l’année 2017, le Centre Mohamed Hassan Ouazzani pour la Démocratie et le Développement Humain a eu le plaisir d’accueillir Monsieur  le Professeur  Miloud Loukili, le jeudi 30 Novembre 2017 à 16h. Il a traité le sujet suivant:

“Le royaume du Maroc face au royaume de la mer: de la vocation à l’ambition”

La conférence a été présidée et modérée par le Professeur Hassan Ouazzani-ChahdiNous vous remercions vivement pour votre présence et pour votre participation au débat qui a suivi. 

Avec nos meilleures salutations

 

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Président de séance

Hassan Ouazzani-Chahdi

Hassan Ouazzani-Chahdi est Vice-Président du Centre Mohamed Hassan Ouazzani pour la Démocratie et le Développement Humain.

Docteur d’Etat en Droit de l’Université Paris I – Panthéon – Sorbonne, ses recherches portent notamment sur le droit administratif, le droit international (droit des traités), le droit des investissements privés étrangers, le droit constitutionnel et le droit diplomatique et consulaire.

A la fois administrativiste et internationaliste, Hassan Ouazzani-Chahdi est un des premiers spécialistes et défenseurs des droits de l’homme et du citoyen au Maroc, et un universitaire de la première génération de l’après indépendance dont les enseignements et les travaux de recherche représentent pour l’Université marocaine non seulement un apport fondamental mais fondateur.

Hassan Ouazzani-Chahdi est actuellement professeur émérite à la Faculté de Droit de Casablanca.

Il est également :

  • Membre de la Commission du Droit International des Nations Unies
  • Diplômé du centre d’études et de recherche de l’académie de droit international de la Haye
  • Ancien chef de département de droit public à la Faculté de droit de Casablanca
  • Ancien Conseiller auprès du conseil constitutionnel chargé des études
  • Consultant de la commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) et du centre Africain de formation et de recherche administrative pour le développement (CAFRAD) – Conception du système de gouvernance en Afrique
  • Membre du comité juridique international pour le projet de création d’une cour constitutionnelle internationale (Constitué à Tunis en 2013)
  • Membre du groupe de synthèse de la gouvernance de Casablanca (Think Thank)
  • Vice président de l’Association internationale sécurité et coopération en Méditerranée (SECOMED) constituée à Paris en 2014
  • Ancien vice président pour l’Afrique de l’institut international des sciences administratives de Bruxelles (1989-1995)
  • Ex-président de l’association Marocaine des sciences administratives (AMSA)
  • Membre du comité juridique du projet relatif à a liaison fixe à travers le détroit de Gibraltar (1987-1993)
  • Membre de la délégation Marocaine pour l’élaboration de la charte Africaine des droits de l’homme et des peuples (Banjul – Gambie 1981)
  • Consultant du cabinet juridique Lefèvre Pelletier et Associés
  • Auteur d’ouvrages de références en droit administratif, Droit de l’homme et droit des traités internationaux
  • Auteurs de nombreux articles de doctrine en droit public et science administrative

Conférencier de séance 

Miloud Loukili

Professeur de Droit de la Mer et de Droit International de l’Environnement à la Faculté de Droit, Rabat Agdal, Université Mohamed V

Membre du Cabinet du Ministre de l’Agriculture et des Pêches Maritimes, Rabat

Ancien Directeur de l’Institut Supérieur des Etudes Maritimes (I.S.E.M.), Casablanca

Ancien Directeur de la Marine Marchande, Casablanca

Ancien membre de la Délégation marocaine à la Conférence des Nations Unies sur le Droit de la Mer, New York (1975-1982)

Ancien membre de la Délégation marocaine à la Conférence Préparatoire de l’Autorité Internationale des Fonds Marins et du Tribunal du Droit de la Mer (Kingston, Jamaïque 1983-1990)

Membre du Bureau du Groupement d’Etudes et de Recherches sur la Méditerranée (G.E.R.M.), Rabat

Membre fondateur et Président de l’Association Marocaine d’Etudes et de Recherches Internationales (A.M.E.R.I.), Rabat

Ancien membre du Conseil d’Administration de l’Université Maritime Mondiale, Malmoë, Suède

Ancien membre du Jury Hassan II pour l’Environnement

Co-Président du Conseil Scientifique du Forum de la Mer, El Jadida (2014-2016)

Membre Fondateur du Réseau Africain du Droit de l’Environnement, Rabat, 2016

Mot d'accueil de la présidente: Dr. Houria Ouazzani

Conférencier - Miloud Loukili - Pr. de Droit de la Mer et de Droit International de l’Environnement

Débats - Le royaume du Maroc face au royaume de la mer: de la vocation à l’ambition

Les Soulaliyates en mouvement: lutte pour l’égalité et le droit à la terre

AFFICHE FINALE CONFERENCE 19 OCTOBRE 2017

Le 19 Octobre 2017, s’est tenue au Centre Mohamed Hassan Ouazzani pour la Démocratie et le Développement Humain, la  5ème conférence au titre de l’année 2017. Le sujet  proposé par la Professeure Fadma AIT MOUS  , est intitulé « Les Soulaliyates en mouvement: lutte pour l’égalité et le droit à la terre ». Elle a été présidée et modérée par le Professeur Mohamed MOUAQIT, membre du Conseil Exécutif du Centre. 

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La conférencière a parlé du mouvement des Soulaliyates, qui est une mobilisation née en 2007 d’une collaboration inédite entre des femmes originaires de diverses collectivités et l’Association démocratique des femmes du Maroc. Ce mouvement revendique le droit pour les Soulaliyates de percevoir, comme les hommes, les indemnisations générées par les opérations de cession de terres collectives. La Professeure Fadma AIT MOUS  a présenté une analyse focalisée sur  les arguments et les référentiels utilisés à différentes échelles par les acteurs mobilisés au sein du mouvement des Soulaliyates. Cette analyse s’est intéressée principalement aux manières dont ce mouvement mobilise et réinterprète différentes références juridiques pour justifier et légitimer publiquement ses revendications. 

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L’assistance a été captivée par le sujet traité par notre conférencière. Le public a été très réactif aux sujets évoqués ; les nombreuses interventions lors du débat, qu’il s’agisse de témoignages ou de questions et suggestions, attestent de l’importance du sujet et de l’intérêt de poursuivre nos réflexions sur cette question délicate.

 

 

photo professeur mouqit

Président de séance

Mohammed Mouaqit

Mohammed Mouaqit est  docteur d’Etat en Sciences Politiques de l’Université Paris II. France. Il est actuellement professeur  de sciences politiques à la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales. Université Hassan II AïnChok de Casablanca.

Thèmes de recherche

L’Histoire de la pensée politique, la sociologie politique, le Droit public musulman, la philosophie politique et les Droits de l’Homme.

Participation à un programme de recherche en cours

« Andromaque » : Anthropologie du droit dans les mondes musulmans africains et asiatiques. Programme internationalde recherche sous la direction de Baudoin Dupret.

Conférencière de séance 

Fadma Ait Mous

Dr. Fadma Aït Mous est professeure assistante de Sociologie à la faculté des Lettres et des Sciences Humaines AïnChok de l’Université Hassan II de Casablanca. Elle est également chercheure affiliée au Centre Marocain des Sciences Sociales (CM2S) dont elle assure également la coordination.

Par ailleurs, elle collabore avec plusieurs centres de recherche, au niveau local et international, à l’instar du : CESEM (centre de recherche de HEM), le NIMAR-Rabat, l’IRMC-Tunis, le ZMO-Berlin, l’ACSS de Beyrouth…

Ses travaux s’intéressent principalement aux questions liées au nationalisme, identités collectives et aux mouvements sociaux, les rapports de genre et les transformations socio-politiques, les jeunes et les usages et perceptions des réseaux sociaux numériques.

Parmi ses récentes publications :

Ouvrages

  • Le tissu de nos singularités, vivre ensemble au Maroc, collectif dirigé avec Driss Ksikes, En toutes lettres, coll. Les Presses de l’université citoyenne (Casablanca), 2016
  • Le métier d’intellectuel. Dialogues avec quinze penseurs du Maroc, avec Driss Ksikes, En toutes lettres, Coll. Les Presses de l’université citoyenne (Casablanca), 2014, prix Grand Atlas 2015 et prix Grand Atlas des étudiants 2015

Articles et chapitres d’ouvrages :

– «Transformation, Reformation or Decline?The University in Contemporary Morocco and Turkey”(avec SimtenCoşar&HakanErgül), In Universities in the Neoliberal Era (dir. SimtenCoşar&HakanErgül), Part of the series Palgrave Critical University Studies, 2017, pp 145-177.

Lien : https://link.springer.com/chapter/10.1057/978-1-137-55212-9_7

– « Droit à la terre et lutte pour l’égalité au Maroc: Le mouvement des soulaliyates » (avec Y. Berriane), in Contester le droit : communautés, familles et héritage au Maroc. Sous la dir. de HassanRachik, La Croisée de chemins, 2016, p.87-173.

–  « The Moroccan nationalist movement: from local to national networks” in Global and Local in Algeria and Morocco. The World, The State and the Village. Edited by James McDougall, Robert P. Parks.Routledge – 2015.

Mot d'accueil de la présidente: Dr. Houria Ouazzani

Conférencier - Fadma Ait Mous - Professeure assistante de Sociologie

Débats - Les Soulaliyates en mouvement: lutte pour l'égalité et le droit à la terre

LE PROCESSUS DEMOCRATIQUE AU MAROC DEPUIS 2011 : QUEL BILAN ?

A l’occasion de la 38ème commémoration du décès de Mohamed Hassan Ouazzani (1978 – 2017) qui coïncide avec la journée internationale de la Démocratie, le Centre Mohamed Hassan Ouazzani  organise le 14 septembre 2017 une journée commémorative sous le thème « Le processus démocratique au Maroc depuis 2011 : Quel bilan? ».

Dans un contexte national et international en pleine tourmente, le printemps arabe, l’élaboration d’une nouvelle constitution adoptée au Maroc dans l’urgence en 2011 a nourri de nombreuses analyses et des commentaires louangeux ou critiques.

La mise en œuvre depuis 2011 des nouvelles normes qui touchent à des aspects essentiels de la gouvernance nationale et de la vie des citoyens a mobilisé le sens des responsabilités des forces politiques organisées et l’intérêt de la société civile.

Le but de cette journée de colloque consiste à tenter une évaluation des acquis du développement démocratique dans le pays.

L’exigence de la réflexion à mener sur le devenir du pays répond au message formulé il y a des décennies par Mohamed Hassan Ouazzani, auquel cette journée rend hommage à l’occasion de la 38ème commémoration de son décès en septembre 1978.

Il nous parait intéressant de proposer quelques extraits d’analyses que Mohamed Hassan Ouazzani a formulées en 1972, dans un contexte de crise profonde que traversait le pays au point de l’inciter à rendre publique une déclaration politique percutante intitulée « Où va le Maroc? Que faire? »

Prenant position dans un document de 1972 sur la problématique d’une révision constitutionnelle qui était à l’ordre du jour, il écrit:

«Si la démocratie et la constitution figurent parmi nos revendications fondamentales, nous leur donnons leur signification réelle qui ne veut dire en aucune façon un « plagiat de la démocratie et de la constitution » tel qu’il est pratiqué dans notre pays et qui est condamné à décevoir complètement et à échouer inévitablement.

Le peuple marocain est las de perdre des occasions, des efforts et des moyens. Il est las d’être traité comme il l’est. Le Maroc est un pays libre ayant arraché son indépendance  et sa souveraineté au prix de luttes et d’énormes sacrifices. C’est un pays digne d’assumer ses droits pleinement dans le domaine du pouvoir politique sans aucune tutelle ni contrôle.»*

Ce diagnostic prémonitoire sur le destin de la démocratie et des pratiques constitutionnelles au Maroc interpelle par sa lucidité et nous incite donc à aborder avec perspicacité les promesses induites par les innovations constitutionnelles et législatives appelées à doter le peuple marocain d’une vie démocratique authentique.

*Extrait tiré de la brochure Fondation M.H.O septembre 1980 (accessible en ligne  sur le site: www.mohamedhassanouazzani.org      p 72 – 73).

إحياء للذكرى 38 لوفاة الزعيم محمد حسن الوزاني (1978 – 2017) وبمناسبة اليوم العالمي للديمقراطية ،ينظم المركز بمقره يوما دراسيا يتناول موضوع :المسار الديمقراطي في المغرب منذ سنة 2011.أي حصيلة ؟وذلك يوم الخميس 14 شتنبر 2017
في ظل جدال وطني ودولي، وفي عز زوبعة “الربيع العربي ” ، غذت المصادقة الاستعجالية على دستور جديد للمغرب سنة 2011 ، العديد من التحاليل والتعاليق المطرية أو الناقدة تم وضع دستور جديد للمغرب تمت المصادقة عليه باستعجال سنة2011
وقد عبأ تنفيذ القوانين الجديدة منذ سنة 2011 ، والتي مست وجوها أساسية في أجهزة الحكم الوطنية وفي حياة المواطنين ، نوعا من الإحساس بالمسؤولية لدى القوى السياسية المنظمة ونوعا من اهتمام المجتمع المدني
ويتجلى هدف هذا اليوم الدراسي في محاولة لتقييم آثار التنمية الديمقراطية في البلاد، واستجابة لدواعي التفكير في مستقبل البلاد، مما يشكل جوابا على الرسالة التي حملها، منذ عقود، محمد حسن الوزاني، الذي نحيي اليوم الذكرى الثامنة والثلاثين لوفاته سبتمبر 1978
وفي هذا الإطار يبدو لنا أن من الأهمية بمكان اقتراح بعض المقتطفات من التحاليل التي وضعها هذا الوطني سنة 1972، في سياق الأزمة العميقة التي عرفتها البلاد والتي دفعت به إلى إصدار بيان سياسي قوي تحت عنوان ” إلى أين يسير المغرب؟ وما العمل؟ ” وفي سياق موقفه عبر وثيقة أصدرها 1972 فيما يخص إشكالية المراجعة الدستورية المرتقبة آنذاك ،  حيث كتب يقول
“إذا كانت الديمقراطية والدستور من بين مطالبنا الأساسية، فإننا نعطيهما معناهما الحقيقي الذي لا يعني بأي حال من الأحوال ” انتحال الديمقراطية والدستور” كما يمارس في بلادنا والمحكوم بخيبة الأمل الكلية وبالفشل المحتوم
إن الشعب المغربي تعب من ضياع الفرص والمجهودات والإمكانيات. تعب من أن يعامل كما هو. إن المغرب بلد حر انتزع استقلاله وسيادته بالكفاح والتضحيات الجسيمة. إنه بلد *يستحق أن يضطلع بحقوقه كاملة في مجال السلطة السياسية دون أي وصاية أو مراقبة” *
إن هذا التشخيص التحذيري إزاء مصير الديمقراطية والممارسات الدستورية في المغرب يسائل بوضوحه هذا المصير، ويحثنا على التمعن في الوعود الناجمة عن التجارب الدستورية والتشريعية التي وعدت الشعب المغربي حياة ديمقراطية حقيقية
* مقتطف من كتاب محمد حسن الوزاني شتنبر 1980
(متوفر على الموقع: wwww.mohamedhassanouazzani.org
ص 72 – 73.)

Programme 

10h00 : Accueil des participants

Allocution de Bienvenue : Houria Ouazzani Touhami, Présidente du Centre Mohamed Hassan Ouazzani

10h30 – 12h30 :1ère  Séance

Président de séance 

Mohamed Mouaqit 

Professeur  de sciences politiques – Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales – Université Hassan II –  Casablanca

Abdelouhab Maalmi

Professeur  de sciences politiques – Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales – Université Hassan II – Casablanca

La politique étrangère dans la constitution de 2011: est-elle toujours un domaine réservé?

Mohammed Madani

Professeur de droit constitutionnel  –  Université Mohamed V – Rabat

La mise en œuvre de la constitution de 2011 et les nouveaux droits: l’exemple du droit à la vie

12h00 : Discussion / Débat 

12h30 : Pause-déjeuner

14h00 – 16h00 : 2ème Séance

Président de séance

Seddik Maaninou

Journaliste et écrivain, expert en Médias – Rabat

Rachid Mouqtadir

Professeur de sciences politiques et droit constitutionnel – Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales – Université Hassan II – Casablanca

الفعل السياسي في سياق دستور  2011 : محاولة لرصد التجربة الحكومية لحزب العدالة والتنمية

Okacha Ben Elmostafa

Enseignant chercheur en sociologie politique et droit public – Faculté pluridisciplinaire de Nador

مرجعية ممارسة السلطة عند حزب العدالة والتنمية: خطاب ديني ام خطاب براغماتي؟

15h30 : Discussion / Débat

 

16h00 – 18h00 : 3ème  Séance

Président de séance 

Hassan Ouazzani-Chahdi

Professeur émérite de la Faculté de Droit – Université Hassan II – Casablanca

Antoine Fleury

Professeur émérite d’Histoire des Relations Internationales  Université de Genève

La perception internationale du processus démocratique au Maroc depuis 2011 

Mostafa BOUAZIZ

Historien, ancien directeur du centre marocain des sciences sociales (Université Hassan II) – Directeur scientifique du CERM – Casablanca

La démocratie dite marocaine: Réflexions d’un historien désemparé

17h30 : Discussion / Débat

18h00 : Mohamed Maarouf Dafali

Professeur d’Histoire moderne – Faculté de Lettres – Ain Chock – Casablanca

Présentation du 2ème numéro de la collection « Colloques du CMHO », intitulé : « Les Médias Vecteurs de Démocratie au Maroc? » Actes du Colloque en hommage à Mohamed Hassan Ouazzani, organisé le 22 septembre 2016.

18h30 : Collation et exposition des œuvres

de Mohamed Hassan Ouazzani

البرنامج

 

 10:00-  استقبال المشاركين

 كلمة ترحيب : حورية الوزاني التهامي

رئيسة مركز محمد حسن الوزاني

 10:30-12:30 :الجلسة الأولى

رئيس الجلسة

محمد موقت

أستاذ العلوم السياسية –  كلية العلوم القانونية والاقتصادية والاجتماعية – جامعة الحسن الثاني – الدار البيضاء

عبد الوهاب معلمي

أستاذ العلوم السياسية –   كلية العلوم القانونية والاقتصادية والاجتماعية – جامعة الحسن الثاني – الدار البيضاء

La politique étrangère dans la constitution de 2011 : est-elle toujours un domaine réservé ?

 محمد مدني

أستاذ القانون الدستوري جامعة محمد الخامس – الرباط

La mise en œuvre de la constitution de 2011 et les nouveaux droits : l’exemple du droit à la vie

12 :00 –  مناقشة عامة

12:30 –  وجبة غداء

14:00 – 16:00  :الجلسة الثانية

رئيس الجلسة

الصديق معنينو

صحفي وكاتب – خبير إعلامي – الرباط

رشيد مقتدر

أستاذ العلوم السياسية والقانون الدستوري – جامعة الحسن الثاني – كلية العلوم القانونية والاقتصادية والاجتماعية – عين الشق – الدار البيضاء

الفعل السياسي في سياق دستور 2011: محاولة لرصد التجربة الحكومية لحزب العدالة والتنمية

عكاشة بن المصطفى

أستاذ باحث في علم الاجتماع السياسي والقانون العام – الكلية  المتعددة التخصصات – الناظور

مرجعية ممارسة السلطة عند حزب العدالة والتنمية: خطاب ديني ام خطاب براغماتي؟

15:30 – مناقشة عامة

16:00 – 18 :00  :الجلسة الثالثة

حسن الوزاني الشهدي

أستاذ بكلية الحقوق – جامعة الحسن الثاني – الدار البيضاء

أنطوان فلوري

أستاذ تاريخ العلاقات الدولية – جامعة جنيف – سويسرا

La perception internationale du processus démocratique au Maroc depuis 2011

المصطفى بوعزيز

مؤرخ – مدير سابق للمركز المغربي للعلوم الاجتماعية (جامعة الحسن الثاني) – المدير العلمي لمركز ابن سعيد للدراسات والأبحاث – الدار البيضاء

La démocratie dite marocaine : Réflexions d’un historien désemparé

 17:30 –  مناقشة عامة

 18:00 – محمد معروف الدفالي

أستاذ تاريخ المغرب المعاصر والراهن ، كلية الآداب والعلوم الإنسانية ،عين الشق ، جامعة الحسن الثاني ـ الدار البيضاء

“عرض  العدد الثاني  من سلسلة “ندوات المركز”،  بعنوان “وسائل الإعلام قاطرة نحو الديمقراطية في المغرب

 وهي الندوة التي نظمها  مركز محمد حسن الوزاني يوم 22 شتنبر2016

 18:30 – جلسة شاي و عرض لمؤلفات محمد حسن الوزاني

 

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Mohamed Mouaqit

Professeur de sciences politiques – Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales – Université Hassan II – Casablanca

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Abdelouhab Maalmi

Professeur de sciences politiques – Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales – Université Hassan II – Casablanca

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Mohammed Madani

Professeur de droit constitutionnel – Université Mohamed V – Rabat

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Seddik Maaninou

Journaliste et écrivain, expert en Médias – Rabat

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Rachid Mouqtadir

Professeur de sciences politiques et droit constitutionnel – Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales – Université Hassan II – Casablanca

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Okacha Ben Elmostafa

Enseignant chercheur en sociologie politique et droit public – Faculté pluridisciplinaire de Nador

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Hassan Ouazzani-Chahdi

Professeur émérite de la Faculté de Droit – Université Hassan II – Casablanca

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Antoine Fleury

Professeur émérite d’Histoire des Relations Internationales Université de Genève

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Mostafa Bouaziz

Historien, ancien directeur du centre marocain des sciences sociales (Université Hassan II) – Directeur scientifique du CERM – Casablanca

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Mohamed Maarouf Dafali

Professeur d’Histoire moderne – Faculté de Lettres – Ain Chock – Casablanca

Mot d'accueil de la présidente: Dr. Houria Ouazzani

Conférencier- Abdelouhab Maalmi - Professeur de sciences politiques

Conférencier- Mohammed Madani - Professeur de droit constitutionnel

Débats1 - LE PROCESSUS DEMOCRATIQUE AU MAROC DEPUIS 2011 : QUEL BILAN ?

Conférencier- Rachid Mouqtadir - Professeur de sciences politiques et droit constitutionnel

Conférencier- Okacha Ben Elmostafa - Enseignant chercheur en sociologie politique et droit public

Débats2 - LE PROCESSUS DEMOCRATIQUE AU MAROC DEPUIS 2011 : QUEL BILAN ?

Conférencier- Antoine Fleury - Professeur émérite d’Histoire des Relations Internationales

Conférencier- Mostafa BOUAZIZ - Historien

Débats3 - LE PROCESSUS DEMOCRATIQUE AU MAROC DEPUIS 2011 : QUEL BILAN ?

Conférencier- Mohamed Maarouf Dafali - Professeur d’Histoire moderne