Pays face aux mutations géostratégiques
Cet ouvrage est une tentative de réponses aux interrogations suivantes : L’ordre mondial unipolaire est-il sur le point de s’effondrer ? Le monde est-il à l’aube d’un nouvel ordre mondial ? Quels sont les pays candidats pour diriger le monde de demain ? Et quels sont le statut et le rôle des pays d’Asie occidentale (islamique et arabe) et d’Afrique du Nord, c’est-à-dire le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, dans un tel nouvel ordre mondial qui est en train de se former ?
Ce livre est composé de trois parties :
La première partie est composée de trois chapitres.
Le premier chapitre rappelle la situation après l’effondrement de l’ordre mondial bipolaire et comment l’hégémonie US a tenté d’organiser le monde à l’horizon de la construction de son empire, notamment en Europe de l’Est, dans les Balkans, en Asie centrale, dans la région du Caucase et au Moyen-Orient.
- Le deuxième chapitre élucide les manifestations les plus importantes de l’échec de l’Amérique à construire un empire.
- Dans le troisième chapitre, il y a une appréhension des signes de l’émergence d’un nouvel ordre mondial.
La deuxième partie traite des pays dans l’engrenage des transformations géostratégiques mondiales (pays d’Asie de l’Ouest et d’Afrique du Nord).
Cette section constate que :
L’indice de développement humain en 2019, oscille entre le rang 42 (Émirats arabes unis) et 177 (Yémen).
En lisant l’histoire contemporaine de ces pays, on se retrouve devant de nombreuses similitudes entre les conditions qui prévalaient dans les pays de la région avant l’entrée du colonialisme et leurs conditions aujourd’hui. Il est naturel dans de telles situations que les ambitions du colonialisme attisent des convoitises.
– Les pays de cette région baignaient dans la tyrannie où régnait la fantaisie, et aujourd’hui la plupart d’entre eux gémissent dans les mêmes tares.
– Hier, les élites dirigeantes de ces pays étaient corrompues et incompétentes, et aujourd’hui la maison de Luqman Le Sage est toujours la même dans la plupart d’entre eux, et certains demeurent des fiefs ou des domaines appartenant aux dirigeants.
– Hier, ces pays étaient enlisés dans l’endettement, faisant perdre ainsi l’indépendance de leur décision économique, et aujourd’hui on retrouve la même réalité.
– Hier, le colonialisme cherchait à perpétuer la dépendance des élites. Ces derniers cherchent aujourd’hui à obtenir l’approbation du colonialisme pour accepter leur subordination.
La troisième partie analyse les défis et les contraintes auxquels sont confrontés les pays d’Asie de l’Ouest et d’Afrique du Nord en faisant remarquer que la Renaissance est un projet de résistance; de résistance à la propagation du « chaos créatif » qui conduit à réorganiser la carte de la région par la fragmentation de ces pays à nouveau selon les “frontières du sang”, comme le projet Ralph Peters, le projet Oded Ainun et le projet Bernard Lewis.
Parmi les conditions de la renaissance :
– Résister à l’occidentalisation et au danger d’extermination culturelle.
– S’accrocher à l’identité collective : là où le colonialisme cherche à semer le chaos dans la région, profitant des sous-identités : nationale, ethnique, sectaire, qui émergent lorsque l’appartenance à l’identité collective fragilise l’identité de la civilisation islamique qui accueille toutes identités infranationales.
– Réaliser des réformes politiques et parvenir à des réconciliations nationales.
– Réconcilier les pays de la région.
– Réformer les conditions économiques et sociales et réaliser trois conditions pour atténuer les piètres conditions économiques et sociales :
Première condition : reconsidérer les modèles de développement et mener les réformes économiques nécessaires.
Deuxième condition : construire des sociétés solidaires.
Troisième condition : construire des groupements régionaux et proposer cinq blocs économiques : l’Union du Maghreb, l’Union de la vallée du Nil, le Conseil de coopération du Golfe, la Fédération du Croissant fertile et l’Union des États islamiques d’Asie occidentale.