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Maroc-USA: Plus de deux siècles d’histoire diplomatique

L'économiste
Publié par L’Economiste, N°: 5931

Vendredi 22, Samedi 23 & Dimanche 24 Janvier 2021

Le Cercle des Experts

Maroc-USA: Plus de deux siècles d’histoire diplomatique

Par Hassan OUAZZANI CHAHDI : Professeur honoraire des universités, membre de la Commission du droit international de l’ONU.

LES relations maroco-américaines au XVIIIe siècle appellent certaines observations préliminaires. Elles démontrent d’abord l’ancienneté de ces relations sur le plan historique, commercial, amical ainsi que dans le domaine diplomatique. Elles ont été matérialisées pour la première fois en 1787 par un traité de navigation, d’amitié et de commerce. Le bicentenaire des relations diplomatiques entre les deux pays fut célébré en 1987.
Cette page de notre histoire révèle ensuite la continuité de l’Etat marocain, de ses institutions et de ses engagements durant cette longue période.
Les accords avec les USA, comme ceux d’ailleurs signés avec d’autres pays européens jusqu’en1912, prouvent l’existence d’une pratique marocaine constante et originale en matière de traités. Le Maroc disposait ainsi de la personnalité juridique et de la capacité requise pour les conclure. L’Empire chérifien avait donc le «Treaty Making Power»: le pouvoir de conclure les traités qui est un attribut essentiel de souveraineté.
Notre histoire diplomatique est d’ailleurs très riche en conventions internationales, surtout bilatérales. Le règne Sidi Mohammed Ben Abdellah (1757-1790) en constitue un exemple typique(2)..
Une autre observation sur la continuité des relations maroco-américaines dans le temps. L’établissement du protectorat n’a pas mis fin aux engagements liant les deux pays. Les Etats-Unis d’Amérique étaient la seule puissance à pouvoir garder ses privilèges de juridiction au Maroc jusqu’en 1956 (voir encadré). Les Américains avaient aussi adopté une attitude différente des autres puissances européennes à l’égard de l’établissement du protectorat et des tractations au sujet de l’Empire chérifien.
A la différence de certains pays du continent africain érigés en colonies, le Maroc a sauvegardé ainsi durant le protectorat sa personnalité juridique, son caractère étatique et ses institutions.
Les contacts avec les Etats-Unis d’Amérique remontent à 1777. C’est-à-dire un an après l’indépendance du pays de l’oncle Sam. Le Maroc fut l’un des premiers pays à reconnaître ce nouvel et à conclure avec lui un traité d’amitié le 18 juillet 1787. Ce traité sera renouvelé par un autre, le 16 septembre 1836 à Meknès.
Quelles sont les raisons qui ont motivé la conclusion de ces traités?

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La Journée Internationale des Droits de la Femme

*Cliquez sur les liens en couleur pour plus de détails

 

“La question des droits humains – des femmes notamment – et de leur développement au Maroc est un des objectifs essentiels de notre Centre.

Cette question est en effet au cœur de toute société démocratique : aucun Etat ne peut se réclamer de la démocratie s’il ne respecte pas les principes de la Déclaration universelle des Droits de l’homme et de tous les engagements conventionnels et législatifs qui sont venus compléter la déclaration de 1948.

Dans tous les pays, le respect des principes des droits de l’homme et leur mise en œuvre par les gouvernements est un combat incessant de contrôle, de vérification et de légitimation des mesures prises. En ce qui concerne la situation de la femme dans la société musulmane, notre Centre l’a abordée dans ses conférences et colloques.

Dans la séance du 25 mai 2015, le professeur Abdallah Chérif Ouazzani  a commenté l’ouvrage de Mohamed Hassan Ouazzani “Islam, Société et Civilisation”, en particulier le chapitre qui traite de la situation de la femme en Islam avec une perspective d’avenir d’une société démocratique.

Lors de la Journée commémorative du 15 septembre 2015, le professeur Mohamed Mouaquit a traité de « La question de la femme à la lumière des écrits de Mohamed Hassan Ouazzani ».

Lors de la conférence du 24 mars 2016, à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, le professeur Abdelhakim Chafai et le professeur Hassan Ouazzani-Chahdi ont traité le sujet ” Les droits de la femme au Maroc – حقوق النساء بالمغرب بين طموحات الكونية و إكراهات الخصوصية “.

Le 19 octobre 2017, ” Les Soulaliyates en mouvement: lutte pour l’égalité et le droit à la terre ” par professeure Fadma Ait Mous et professeur Mohammed Mouaquit.

Le 7 mars 2018, ” L’approche “genre” au Maroc: acquis et perspectives “, par professeure Rachida Naciri et professeur Monssef Sedki Alaoui.

Dans plusieurs interventions, notamment dans le documentaire “رواد” de la chaîne Al OULA et dans “Etat et société au Maroc – les défis du monde moderne” (p.221-231),  la professeure Jawhara Filali-Baba, a exposé divers aspects du rôle de la femme dans la société marocaine, selon la pensée de Mohamed Hassan Ouazzani.

Dans son combat pour la libération du Maroc et pour la modernisation de la société, mon père Mohamed Hassan Ouazzani a accordé une priorité à l’organisation et à l’éducation civique et professionnelle de la femme. Il était d’ailleurs conscient du rôle qu’ont joué les femmes – mères, épouses, filles de résistants – dans la libération de notre pays.

C’est avec une grande émotion que je dois évoquer la mère de mon père Mohamed Hassan Ouazzani – Lalla Halima – qui n’a cessé de soutenir son fils, déjà dans ses études, puis tout au long de son action militante. C’est elle qui a fondé à Fès la première section des « Sœurs de la Pureté » Akhawat Assafa, tandis que ma tante – Lalla Zina disparue en 2015 – en était la trésorière. C’est aussi une femme courageuse de Fès, Madame Amraoui, qui a formulé publiquement les premières revendications de la femme marocaine en 1943, donc plusieurs années avant la création par un groupe de femmes du PDI de l’Association des femmes marocaines à Casablanca, en 1948.

Je tiens aussi à rendre hommage à ma mère –Lalla Oum Keltoum – pour le soutien indéfectible accordé à mon père, durant son long exil, loin de Fès, puis à l’étranger, assumant avec dignité et abnégation la charge de sa famille, l’éducation de ses enfants : pour elle aussi sans doute, l’amour pour son mari se confondait avec l’amour de son pays. Une femme exemplaire !

Une des grandes figures du militantisme féminin et syndicaliste engagée, – disparue en 2016 – une inconditionnelle de la lutte pour l’évolution de la femme dans la société, est la légendaire Lalla Zahra Skallia (La Ahma): elle a été une des premières figures emblématiques de la « Jeunesse démocratique » (Maghreb El Ghad) et dans Akhawat Assafa ensuite : je tiens à lui rendre un grand hommage !

Lors du premier congrès féminin organisé à Fès les 12 et 13 décembre 1947, Lalla Habiba Guessous, présidente du congrès, Lalla Amina Haram, secrétaire générale du congrès et Lalla Zineb Alaouia, représentante de la région de Salé ont défini tous les points de revendications (p.10-13) et tous les droits réclamés par toutes les femmes marocaines de l’association de Akhawat Assafa dans plusieurs villes du Maroc.

Lalla Habiba Guessous, présidente de l’association Akhawat Assafa, a prononcé le 11 mars 1951 un discours (p.43-49) qui présente un rapport détaillé et rappelle les objectifs réalisés par le mouvement féminin dans “Al-Maghreb Al-Aqsa”.

Des témoignages de la lutte des femmes pour l’égalité, pour le respect de leurs droits fondamentaux, nous en trouvons un grand nombre en consultant le journal du PDI « Démocratie », publié en 1957-1958 ! Ces témoignages de lutte, de revendications franches sont accessibles sur ce site dans leur intégralité. Mais il faudrait pouvoir recueillir les témoignages non écrits, les souvenirs de celles qui ont pris part à ce combat.

A l’aube de l’indépendance, cette lutte des femmes s’est nourrie de l’énorme espoir de la marche vers un Maroc nouveau, prospère et juste pour toute la nation. Hélas, la désillusion a été cruelle !

En relisant certains de ces appels, les prises de position qui ont suivi l’accession à l’indépendance en 1956, on peut constater que la société marocaine a été bloquée pendant longtemps, la marche vers la libération de la femme et de la reconnaissance de ses droits a été très lente ; elle est loin des promesses escomptées au moment de l’indépendance, il y a soixante-cinq ans !

Pourtant, il faut reconnaître que des étapes importantes ont été franchies dans le sens d’une amélioration significative des conditions de la femme marocaine sur le plan privé et public dans la Nouvelle Moudawana et la Constitution de 2011. Je tiens à rendre un vibrant hommage aux initiatives novatrices et courageuses de Sa Majesté le Roi Mohamed VI qui accorde une place de plus en plus importante à la femme dans la société marocaine et à l’extension de ses droits.”

Dr. Houria Ouazzani

Présidente du Centre Mohamed Hassan Ouazzani

Historique de la Journée Internationale des Droits de la Femme

La journée internationale des droits des femmes ou journée des droits des femmes ou encore journée des femmes est célébrée dans de nombreux pays à travers le monde le 8 mars. Les droits de la femme font partie intégrante des droits de l’homme, mais de nombreuses femmes voient leurs droits remis en question, limités ou réduits. Les femmes voient aujourd’hui un peu plus rongés leurs droits au regard de la loi, qui n’ont jamais été égaux à ceux des hommes sur aucun des continents. Cette journée internationale de lutte des femmes encourage la mobilisation et le militantisme pour promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes. Le saviez-vous ? La « Journée de la Femme » n’existe pas ! Dites plutôt « Journée des femmes ».

3 questions sur la journée internationale des droits de la femme

Certaines journées ont des symboliques plus fortes que d’autres puisqu’elles sont dédiées à des thèmes bien particuliers : environnement, santé, patrimoine…Mais d’où vient le thème de la journée internationale des droits des femmes ? Voici 3 réponses pour en savoir plus sur cette journée.

Quelle est l’origine de cette fameuse date ?

La Journée nationale des femmes est attribuée aux socialistes américaines qui célèbrent une journée dédiée à l’égalité des droits civiques en 1909. Par la suite, une journaliste allemande encouragera toutes les femmes socialistes de tous les pays à organiser chaque année une Journée internationale des femmes au cours de la seconde conférence internationale des femmes socialistes en 1910. Les Nations Unies officialisent ensuite la journée du 8 mars dès 1977.

Quel rapport avec la révolution russe ?

La Journée des femmes est oubliée lors de la Première Guerre mondiale mais les femmes russes la remettent au goût du jour le 8 mars 1917 lors d’une grande manifestation ouvrière à Saint-Pétesbourg où elles réclament le retour des hommes du front ainsi que du pain. C’est un des premiers actes qui vont conduire à la révolution russe ainsi qu’à l’abdication du Tsar. Cette journée du 8 mars est alors inscrite comme une célébration de la femme et du communisme dans le calendrier de nombreux pays de l’Est.

Qu’en est-il de la France ?

Si les Nations Unis reconnaissent cette journée depuis 1977, la France l’inscrit dans son calendrier seulement en 1982 sous l’impulsion d’Yvette Roudy qui est alors la ministre déléguée aux droits des femmes. Le 8 mars de la même année donne alors lieu à de nombreuses manifestations et est marqué par un discours de François Mitterrand, le président de l’époque, ainsi qu’une réception donnée à l’Elysée où il reçoit 450 femmes de milieux socioprofessionnels différents et d’associations féministes. Cette journée conduit à de nombreuses mesures en faveur des droits des femmes.

Et qu’en est-il du Maroc ?

 

Maroc : comprendre la faible participation des femmes à la vie active

L’insertion des femmes sur le marché du travail est une difficulté chronique au Maroc. Pourtant, les avantages d’une participation accrue des femmes à la population active sont évidents, tant sur le plan macroéconomique, où elle permettrait d’améliorer la capacité de production du pays et de soutenir la croissance, que sur le plan microéconomique, où elle se traduirait par une plus grande reconnaissance sociale des femmes, avec à la clé un investissement des ménages plus important dans l’éducation et la santé.

À ce jour, le peu d’études microéconomiques examinant les raisons pour lesquelles la participation des femmes demeure si faible au Maroc sont pour la plupart dépassées. Dans un document de travail intitulé Trends and Determinants of Female Labor Force Participation in Morocco: An Initial Exploratory Analysis (a), nous nous penchons sur les défis auxquels le Maroc est confronté. Notre travail dresse dans un premier temps le profil de la main-d’œuvre marocaine, les facteurs démographiques jouant un rôle clé dans les taux d’activité. Dans un deuxième temps, nous analysons les caractéristiques qui défavorisent les femmes, au niveau individuel et des ménages. Les données proviennent de 18 enquêtes nationales sur l’emploi réalisées entre 2001 et 2018, trois enquêtes mondiales sur les valeurs menées entre 2001 et 2011, ainsi que de quatre enquêtes de l’Arab Barometer conduites de 2006 à 2017.

Au Maroc, le taux de participation des femmes à la population active reste l’un des plus bas du monde. Il a même régressé en vingt ans, malgré un PIB par habitant plus élevé, un taux de fécondité plus faible   et un meilleur accès à l’éducation. Avec un taux de 21,6 % en 2018, le Maroc occupait en 2018 la 180e place sur un échantillon de 189 pays. En d’autres termes, 78,4 % des Marocaines âgées de 15 à 65 ans n’étaient ni en activité ni à la recherche d’un emploi.

En outre, dans une région — Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) — traditionnellement marquée par un faible niveau d’activité féminine, le Maroc figure parmi les rares pays qui ont connu une baisse prolongée de ces taux, et ce depuis le plus longtemps : la participation des Marocaines au marché du travail a culminé à 26,3 % en 2004. Si cette tendance persistait, le taux d’activité féminine au Maroc pourrait être inférieur à la moyenne régionale (21%). 

La démographie : un élément clé 

L’étude des caractéristiques de la main-d’œuvre marocaine nous indique que, même si le taux d’activité des femmes et des hommes a globalement diminué ces vingt dernières années, un écart de 50 points de pourcentage persiste entre les sexes (figure 1), avec des dynamiques différentes en zones urbaines ou rurales. Chez les hommes, ce fléchissement concerne en majorité les jeunes, en raison de leur plus grande scolarisation ; chez les femmes, cette tendance à la baisse touche tous les âges sans être nécessairement corrélée aux études. Ces aspects démographiques ont une incidence sur le taux d’activité, mais aussi sur l’emploi et le chômage.

Figure 1. Taux d’activité des femmes et des hommes : de fortes disparités persistent 

 

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Source : HCP Enquête National sur l’emploi (ENE), 2001-2018

Globalement, ces tendances mettent au jour l’existence de deux marchés du travail distincts : l’un en milieu rural, où l’emploi et l’activité sont plus élevés chez les deux sexes, et l’autre en milieu urbain, où l’inactivité, très majoritaire chez les femmes, reste relativement faible chez les hommes, mais gagne du terrain.

L’importance des rôles assignés à chaque sexe, notamment pour l’activité des femmes

Quels freins entravent l’insertion des femmes sur le marché du travail ? Pour répondre à cette question, nous avons recouru à des modèles probit et à un modèle logit multinomial. D’après nos résultats, certaines caractéristiques chez les individus et dans les ménages font obstacle à l’activité des femmes, la création d’emplois urbains au Maroc n’ayant pas contrebalancé la destruction d’emplois agricoles. Ces caractéristiques s’ajoutent au préalable d’une baisse globale du taux d’activité pour les deux sexes. Voici les principales conclusions de notre étude :

  • Il y a corrélation entre hausse du niveau d’instruction et augmentation du taux d’activité chez les femmes, même si ce lien s’effrite au fil du temps. L’éducation des femmes a un impact très inégal, selon les régions et le niveau d’instruction ;
  • Au sein d’un foyer, plus le chef de famille est instruit, plus il y a de chances qu’une femme ne travaille pas. Cette incidence croît avec le temps, surtout chez les ménages ruraux ;
  • le mariage diminue la probabilité d’une participation au marché du travail. Le célibat réduit la probabilité d’être inactif de 30 % en milieu urbain et de 20 % en zones rurales ;
  • au sein d’un foyer, la probabilité qu’une femme ne travaille pas augmente avec la présence d’autres femmes inactives. Cette incidence croît avec le temps en milieu rural comme en milieu urbain.

Y a-t-il d’autres facteurs susceptibles d’expliquer le déclin de l’activité des femmes au Maroc ? En particulier, les limites qui pèsent sur la demande d’emploi féminin pourraient être liées à une vision traditionnelle à l’égard du travail des femmes qui écarte celles-ci de la vie active.

Dans une enquête réalisée en 2011, 75 % des hommes et 47 % des femmes ont répondu qu’ils étaient d’accord avec l’affirmation suivante : « Quand les emplois sont rares, les hommes devraient avoir plus le droit à un emploi que les femmes ». Par conséquent, en partant de l’hypothèse qu’en matière de travail, les hommes décident pour les femmes, on peut s’attendre à une moindre participation des femmes à la vie active en raison de l’idée profondément ancrée selon laquelle l’homme doit être le soutien de famille et devrait accéder en priorité aux offres d’emploi, tandis que la femme devrait se consacrer aux tâches domestiques.

À l’affirmation « Les femmes peuvent travailler à l’extérieur de leur foyer si elles le souhaitent », 35,6 % des hommes interrogés ont exprimé leur désaccord contre seulement 14,8 % des femmes. Les femmes sont, à l’évidence, nettement plus nombreuses que les hommes à penser qu’elles ont le droit de travailler. 

Au fond, le Maroc doit encore faire le constat des bénéfices induits par la participation des femmes à la vie active en contrepoint de son développement. La persistance des disparités entre les hommes et les femmes peut relever d’une création insuffisante d’emplois en milieu urbain qui compenserait la destruction des emplois en zones rurales. Parallèlement, le taux de chômage des femmes en milieu urbain dépasse celui des zones rurales, ce qui tendrait à indiquer que leur découragement est à l’origine de la progression de l’inactivité féminine. Les caractéristiques démographiques sont également des facteurs importants : nombre d’enfants, situation matrimoniale, niveau d’études du chef de famille, éducation des femmes, etc. Enfin, les rôles assignés à chaque sexe sont susceptibles d’éloigner les femmes du marché du travail et de freiner le redressement des taux d’activité féminine.

Consulter l’article source:  https://blogs.worldbank.org/fr/voices/maroc-comprendre-la-faible-participation-des-femmes-la-vie-active?cid=SHR_BlogSiteEmail_FR_EXT


نداء من أجل حوار وطني لبناء مغرب جديد

Le Centre Mohamed Hassan Ouazzani pour la Démocratie et le Développement Humain s’associe à l’APPEL CITOYEN lancé par 7 institutions nationales marocaines, portant des noms de symboles de la lutte des Marocaines et des Marocains pour la dignité, l’indépendance et la démocratie.

Cette déclaration commune fait appel à un large dialogue national pour construire ensemble l’Avenir.

Si l’image d’un Maroc en Débat vous parle, alors soutenez cette initiative citoyenne.

Contact : bouaziz6@gmail.com / centremho@gmail.com

 

 

Sept Fondations appellent à un dialogue public autour du rapport de la Commission spéciale

Nouveau modèle de développement

Sept Fondations appellent à un dialogue public autour du rapport de la Commission spéciale

Brahim Mokhliss

En attendant la publication des conclusions de la Commission spéciale sur le modèle de développement, sept Fondations viennent de lancer un appel pour un débat national autour du rapport la Commission Benmoussa. Elles estiment qu’un tel débat est nécessaire pour faire du nouveau modèle de développement un réel pacte social.

Au moment où le rapport de la Commission spéciale sur le modèle de développement (CSMD) se fait toujours attendre, sept Fondations viennent de lancer un appel «pour un dialogue national en vue de l’édification d’un Maroc nouveau». Les sept entités considèrent qu’un temps de discussion et de débat sur le contenu de ce projet doit être accordé au peuple marocain, toutes forces vives confondues, avant qu’il ne soit décliné en politiques publiques. À noter que les initiateurs de cet appel sont réputés pour leur crédibilité et la symbolique des figures historiques et nationalistes dont elles portent les noms. Il s’agit de la Fondation Allal El Fassi, la Fondation Abderrahim Bouabid, la Fondation Ali Yata, le Centre Mohammed Bensaïd Aït Idder, la Fondation Abou Bakr El Kadiri, le Centre Mohammed Hassan Ouazzani et la Fondation Mohammed Abed El Jabri. Pour rappel, les travaux de la Commission ont été lancés en décembre 2019 et son rapport prévu initialement fin juin 2020, n’a pas vu le jour en raison des contraintes liées à la pandémie de la Covid-19. Sa Majesté le Roi avait alors accordé aux membres de la commission un délai supplémentaire de  six mois. Ainsi, la commission semble avoir bouclé son rapport définitif contenant une nouvelle vision du modèle de développement du Royaume qui devra être soumis à S.M. le Roi avant sa publication.
Mais les sept Fondations, rappelant la crise traversée dernièrement par le pays et qui a fortement impacté les citoyens marocains dans leur vie quotidienne et changé même la perception de leur devenir, jugent nécessaire un débat large autour du nouveau modèle de développement avant son adoption définitive. «Le projet du nouveau modèle de développement, dont la publication est attendue prochainement, devrait contenir des orientations susceptibles d’engager les politiques publiques pour des décennies», soulignent-elles, d’où l’importance de  la tenue d’un large dialogue public sur la question avant de décliner les recommandations du rapport en politiques publiques.
«Nous pensons que ce projet du nouveau modèle de développement est important et qu’il a fait l’objet d’un certain nombre de consultations entre la commission qui a été nommée par S.M. le Roi et les partis politiques, des penseurs… Une fois qu’elle aura rendu sa copie, nous pensons que cela va devenir un projet sociétal, il faudrait donc qu’il fasse l’objet d’un débat public», explique Abdelouahed Souhail, président de la Fondation Ali Yata.
Les initiateurs de cet appel estiment donc que «l’organisation de ce dialogue maroco-marocain exige d’accorder suffisamment de temps aux échanges sur son contenu. Ils considèrent que l’adoption d’un nouveau modèle de développement après la tenue d’un large débat national, ouvert à l’ensemble des composantes de la nation et à toutes les régions du pays, est susceptible de renforcer l’adhésion populaire au projet et de restaurer la confiance entre l’État et la société». «Cette démarche assurera les conditions du succès d’un projet qui jettera les bases d’un nouveau contrat social», est-il précisé dans l’appel lancé par les sept Fondations. D’ailleurs, les sept structures s’engagent «à participer activement à ce dialogue national, dans la perspective de l’affirmation collective d’un patriotisme renouvelé qui nous permettra de relever, ensemble, les défis du présent et de l’avenir». Par ailleurs, Abdelouahed Souhaïl tient à souligner que dans cette action il n’y a pas de prise de position politique. L’objectif recherché est que le nouveau modèle de développement soit un réel pacte social, insiste-t-il.

 

Source : https://lematin.ma/journal/2021/sept-fondations-appellent-dialogue-public-autour-rapport-commission-speciale/354657.html

La Sphère Numérique, Promesses et Menaces. Le Meilleur et le Pire des Mondes Possibles

Mesdames, Messieurs

Le Centre Mohamed Hassan Ouazzani pour la Démocratie et le Développement Humain a eu le plaisir de vous inviter à sa quatrième visioconférence intitulée :

La Sphère Numérique, Promesses et Menaces 

Le Meilleur et le Pire des Mondes Possibles

Le Jeudi 10 Décembre 2020 à 17h30 

 

La conférence a été animée par Monsieur Reda BENKIRANE, Sociologue et Chercheur associé CCDP/IHEID, Suisse  

Avec la participation de :  

Madame Amal EL FALLAH SEGHROUCHNI, Professeure de Classe Exceptionnelle en Sorbonne Université, Faculté des Sciences et d’Ingénierie.

Monsieur Guevara NOUBIR, Professeur à Northeasthern University, Boston, USA.

Monsieur Amine BENJELLOUN, Consultant Senior en Transformation des Organisations et des Territoires.

Monsieur Rida LARAKI, Directeur de Recherche au CNRS Paris et Professeur à l’université de Liverpool.

Nous vous remercions d’avoir suivi la séance qui a été diffusée en direct sur notre chaîne YouTube. 

Avec nos meilleures salutations.

Reda BENKIRANE

Reda Benkirane est sociologue, docteur en philosophie et consultant international à Genève. Chercheur associé au Centre sur les conflits, le développement et la paix (CCDP) de l’Institut de hautes études internationales et du développement (Genève, IHEID), et membre de l’Institut de recherches philosophiques de Lyon (université Lyon 3), il a mené, depuis une trentaine d’années, d’importantes recherches appliquées et de terrain dans les domaines de l’urbanité, de la complexité, de l’islamité et de la radicalité.

http://www.archipress.org/reda/

Livres 

Islam, à la reconquête du sens, Paris, Le Pommier, 2017, à paraître Casablanca, La Croisée des Chemins, 2021

Démographie et géopolitique. Étude critique des travaux d’Emmanuel Todd, Paris, Hermann, 2015.

La Complexité, vertiges et promesses. Dix-huit histoires de sciences, Paris, Le Pommier, 2002, 2006 et 2013.

Le Désarroi identitaire. Jeunesse, arabité et islamité contemporaines, préface de Salah Stétié, Paris, Cerf, 2004 ; Casablanca, La Croisée des Chemins, 2012.

Articles et entretien en lien avec la sphère numérique

Coronavirus, couronnement des sociétés sécuritaires, Politis, 12 juin 2020

https://www.politis.fr/articles/2020/06/coronavirus-couronnement-des-societes-securitaires-42024

http://mohamedhassanouazzani.org/coronavirus-une-analyse-de-reda-benkirane/

سياسة الوباء في عهد المجتمعات الأمنية
http://mohamedhassanouazzani.org/coronavirus-une-analyse-de-reda-benkirane/#1459958412083-252f22b3-80ae

Pandémie : entre Etats-plateformes et pouvoirs semi-totalitaires. Conversation avec Pierre Lévy, vidéoconférence, 26/06/2020, 93 minutes https://iqbal.hypotheses.org/6584 

YouTube:  https://youtu.be/-4tki0nrtRg

The Alchemy of Revolution: The Role of Social Networks and New Media in the Arab Spring, Geneva Centre for Security Policy, GCSP Policy Paper 2012/7

https://www.archipress.org/docs/pdf/Alchemy_of_Revolution_RBenkirane.pdf

Amal EL FALLAH SEGHROUCHNI

Professeure de Classe Exceptionnelle en Sorbonne Université. Faculté des Sciences et d’Ingénierie…Lire la suite

Guevara NOUBIR

Guevara Noubir is a Professor at Northeastern University. His research interests span a range of problems on the theory and practice of privacy, security, and robustness in networked systems.  Dr. Noubir holds a PhD in CS from EPFL and MS in CS (diplôme d’ingénieur) from ENSIMAG, France. He held research and visiting positions at CSEM SA, EPFL, Eurecom, MIT, and UNL. Professor Noubir received several research awards including the US National Science Foundation CAREER Award, Google Faculty Research Award on Privacy, multiple best paper awards, and led award winning teams in several competitions including the DARPA Spectrum Collaboration Challenge (SC2).

Publications: https://www.ccs.neu.edu/home/noubir/publications.html

Amine BENJELLOUN

Consultant Senior en développement international et innovation, investi pour une meilleure gouvernance RSE en Afrique par la réalisation de projets inclusifs de la jeunesse diplômée… Lire la suite

Rida LARAKI

Rida Laraki est directeur de recherche au CNRS au Lamsade (Université Paris Dauphine)). De 2006 à 2017, il a été professeur à l’École Polytechnique et depuis 2017, il est professeur à l’université de Liverpool. Ingénieur diplômé de l’Ecole Polytechnique de la région Parisienne (1996), il est docteur en mathématiques de l’université Pierre et Marie Curie (2000). Ses travaux de recherche portent sur la théorie des jeux, le choix social, l’économie théorique, l’optimisation, l’apprentissage et la recherche opérationnelle.

Rida est connu pour son travail sur le jugement majoritaire, un mode de scrutin qu’il a inventé avec Michel Balinski. Celui-ci a fait l’objet d’un livre publié chez MIT Press en 2011. Il a organisé le séminaire hebdomadaire en théorie des jeux à l’Institut Henri Poincaré de 2001 à 2018 et a organisé de nombreux colloques et conférences internationales.

Rida Laraki est éditeur associé dans plusieurs revues scientifiques, est responsable du programme doctoral d’informatique à l’université Paris Dauphine, a été responsable du groupe SMAI-MODE. Il est membre élu du conseil de la Game Theory Society et du conseil d’administration de la SMAL.  Enfin, il a co-fondé en 2018 avec Chloé Ridel l’association « Mieux Voter ».

https://sites.google.com/site/ridalaraki/

 

LIVRES

Laraki R.,  J. Renault and S. Sorin (2019) Mathematical Foundations of Game TheorySpringer.

Balinski M. and R. Laraki (2011) «Majority Judgment: Measuring Ranking and Electing»MIT PressEndorsements.

Laraki R.,  J. Renault and S. Sorin (2013) «Bases Mathématiques de la Théorie des Jeux»Editions de l’Ecole Polytechnique.

Laraki R.,  J. Renault and T. Tomala (2006) «Théorie des Jeux: Introduction à la Théorie des Jeux Répétés». Journées Mathématiques XUPS. Editions de l’Ecole Polytechnique.

Articles Grand Publique 

Balinski M., R. Laraki (21 Avril 2016). Pour éviter un nouveau 21 avril, instaurons le « jugement majoritaire »The Conversation (relayé par MarianneFrance Inter, Sud-Ouest).

Avec l’association Mieux Voter (5 Avril 2018). “L’urgence de Mieux Voter“. Libération.

R. Laraki, P. Moritzand C. Ridel (15 Avril 2019). “Réinventer le référendum“. AOC (Analyse, Opinion, Critique).

R. Laraki and C. Ridel(25 Mai 2019). “Pas d’issue pour le Brexit? Le jugement majoritaire peut résoudre le problème“. Variance.eu

R. Laraki (2 Novembre 2020). “Aux États-Unis, le problème est le scrutin majoritaire, pas le collège électoral“.The Conversation.

 

La Sphère Numérique, Promesses et Menaces. Le Meilleur et le Pire des Mondes Possibles

Reda Benkirane

Une des principales conséquences de la pandémie du Covid19 est le fait que l’humanité a complètement basculé dans le numérique. Depuis le début de la crise sanitaire, partout dans le monde, les plateformes numériques ont assuré l’essentiel de nos activités économiques, sociales et culturelles. Travail et enseignement à distance ont été consacrés au cours de l’année 2020…mais aussi traçage et contrôle des individus, surveillance des populations en phase de confinement. D’un côté, toute une économie de la connaissance s’est mise en place, de l’autre, un capitalisme cognitif/culturel ainsi que toutes sortes de pollution affectent les individus autour de la captation de leur attention et de la manipulation de leurs pulsions et de leur psyché. Les technologies de l’information et de la communication promettaient la fin des servitudes concernant l’accès à la connaissance, mais elles peuvent tout autant être utilisées pour miner la démocratie – là où elle régnait jusque-là – et pour renforcer l’autoritarisme et le contrôle grégaire des masses. Comment appréhender le numérique en tant que pharmakon, c’est-à-dire à la fois comme remède et poison, dans ses usages et mésusages au sein de sociétés complexes et sophistiquées ?

Qu’est-ce qui dans l’infotechnologie favoriserait l’intelligence collective, l’accroissement et le partage du savoir, la sauvegarde de l’environnement et des ressources naturelles, la promotion de la démocratie et l’humanisme planétaire ? Qu’est-ce qui est potentiellement toxique pour les individus, les abêtit individuellement et collectivement en tant que bétail cognitif ? L’intelligence artificielle permise par l’essor du numérique va-t-elle triompher en l’humain en le fonctionnalisant en automate comme un autre ? Comment faire pour protéger nos données personnelles qui font les mégadonnées expropriées et exploitées maximalement dans une économie numérique où une poignée d’entreprises fonctionnent en Etats-plateformes autrement plus puissants que les Etats-nations ? Y a-t-il des limites cognitives et psychologiques mais aussi sociétales et environnementales à l’exploitation de ces mégadonnées et à l’emprise de l’infotechnologie sur les sociétés du 21e siècle ? A l’instar des fumées noires des cheminées de la révolution industrielle, se pourrait-il que les algorithmes de la révolution numérique génèrent des pollutions encore mal identifiées, du côté du monde mental, de l’attention profonde et en prise directe avec la psyché et ses impensés ?

Comment les sociétés peuvent-elles agir de manière à changer notre rapport à ce numérique invasif et totipotent et concourir à assurer la viabilité de l’avenir ?

Qu’en est-il pour un pays comme le Maroc, avec tout son potentiel mais aussi son niveau de développement humain somme toute relativement bas ? Le numérique réduit-il ou au contraire renforce-t-il les inégalités économiques et l’autoritarisme politique ? Permet-il à l’Etat une gestion efficiente et à la société civile de s’exprimer, de s’émanciper, de prospérer et de prendre en main sa destinée ? Quelles promesses et quels risques se profilent derrière le numérique pour les pays arabes et africains après les révoltes sociales et la répression/régression qui s’en est suivie ?

C’est ce que nous nous proposons d’aborder et d’approfondir avec des chercheurs de pointe qui sont aussi de fins observateurs de la sphère numérique et des transformations technologiques et sociétales dont elle est porteuse depuis plus d’un quart de siècle.

Mots-clés : algorithme, intelligence artificielle, méga données, fake news, post-vérité, révoltes sociales, GAFA, cryptographie, algorithme, sécurité, surveillance, contrôle, démocratie, révolutions sociales, droits humains, droits numériques, (trans)humanisme, société du savoir.

Aux origines de l’IA, les questions ouvertes : qui parle/joue ? et à/de qui ? *

 

On peut trouver au cœur du texte fondateur de l’intelligence artificielle présents les principaux traits ambivalents de la sphère numérique : confusion et profusion discursive, ambiguïté et jeu autour de l’intelligence et du genre

La mesure des progrès de l’intelligence artificielle (IA) est généralement examinée à travers le « test de Turing». Le logicien britannique Alan Turing a écrit en 1950 un article paru dans une revue de psychologie et de philosophie qui est considéré comme le fondement théorique de l’IA. Dans cet article, il pose tout d’abord la question de savoir si les machines peuvent penser, et comment alors définir la « machine » et la « pensée ». Puis il établit au travers du « jeu de l’imitation » un dispositif composé de trois acteurs : un homme A, une femme B et un interrogateur C. L’interrogateur C, qui n’est pas dans la même pièce que les deux autres, leur pose des questions au travers d’un échange dactylographié. Le jeu de l’imitation commence quand Turing pose la question de savoir ce qui se passerait si une machine prenait le rôle de l’homme A dans la poursuite des questions-réponses avec l’interrogateur C.

Cet article a fait l’objet de très nombreuses exégèses, son ambiguïté ne concerne pas seulement la confusion entre homme et machine, mais la confusion des sexes. La question du sexe des joueurs du jeu de l’imitation intervient à plusieurs reprises puisque Turing imagine la possibilité « de faire jouer à O [l’ordinateur] le rôle de A [l’homme] dans le jeu de l’imitation, le rôle de B [la femme] étant tenu par un homme ». Dans ce même article, un paragraphe intitulé « L’objection théologique », il va même jusqu’à demander « Comment les chrétiens considèrent-ils l’opinion musulmane : « Les femmes n’ont pas d’âme ? » »

Pour Alan Turing (homosexuel dans une Angleterre puritaine et conservatrice), le jeu de l’imitation met en scène l’ambivalence de l’intelligence et de la sexualité comme il l’exprimera au travers d’un paradoxe logique peu avant de mourir tragiquement :

« Turing pense que les machines pensent. Turing ment aux hommes (lies with men). Donc les machines ne pensent pas. »

Il faut savoir qu’Alan Turing fut arrêté en 1952 pour « délits sexuels avec un jeune homme » et condamné à une castration chimique. Il a fini par se suicider par empoisonnement au cyanure.

Cf. Alan TURING, « Computing Machinery and Intelligence », Mind, vol. LXI, n. 236, 1950, (URL:

http://mind.oxfordjournals.org/content/LIX/236/433). Ce texte est paru en français, « Les ordinateurs et l’intelligence », traduit par Patrice Blanchard, paru dans La Machine de Turing, Paris, Seuil, 1999, pp. 134-175.

* Note extraite de Reda Benkirane, Islam, à la reconquête du sens, Paris, Le Pommier, 2017, p. 224.

Le numérique n’est pas neutre, Quid de l’éthique dans la sphère numérique

Amal EL FALLAH SEGHROUCHNI

Leviers de Motivation et de Gouvernance, des Pouvoirs Numériques en Entreprise: Enjeux, Progrès et Risques

Amine BENJELLOUN

Je prend très au sérieux cette conférence et travaille à un contenu innovant, pertinent, intelligible au plus grand nombre et proposant un ensemble de pistes de solutions correctives/alternatives, à l’approche systémique du développement portée aujourd’hui, par les politiques publiques et les stratégies des grands groupes tenant le leadership de l’économie mondialisée.

Le numérique peut promouvoir autant le confort que la toxicité, la justice que l’exclusion, la praticité que la complexification.

En un mot : l’exercice de la citoyenneté ne saurait devenir une compétence. elle doit demeurer pour chacune et chacun d’entre nous, un droit et une responsabilité.

Il y a une dimension trop peu considérée à ce jour, celle de la gouvernance de l’avènement et de l’appropriation numérique. Ce n’est pas seulement une question de compatibilité au quotidien, mais un enjeu majeur pour l’humanité, puisque le numérique est parvenu à un taux de pénétration de notre milieu, pour nous poser désormais question, par son indéniable dimension CIVILISATIONNELLE.

Ainsi, de même qu’il existe des institutions de gouvernance du droit (Conseil Constitutionnel), de l’information (Conseil de l’Audiovisuel), des transformations sociétales à travers le progrès et le vivant (Conseil économique, social et environnemental) ou encore de l’éthique (Conseil de l’éthique scientifique), il nous faut aujourd’hui songer très sérieusement à installer une institution de gouvernance de l’avènement et de l’appropriation numérique et laquelle, dirait le droit, l’opportunité et la sécurité collective à l’aune de l’intégration d’une nouvelle technologie dans notre vivre ensemble.

Voici, les premières considérations suscitant l’intérêt, les échanges et les enjeux de ce que nous sommes entrain de valider par une adoption silencieuse dans nos modes de vies, sans toujours mesurer l’impact pas seulement communicationnel, de ce qui est entrain de profondément les transformer.

Je témoignerai également de situations concrètes vécues, de transformations d’organisations et de territoires, de l’Académie d’Excellence de l’avionneur Airbus aux États Généraux de l’Alimentation ou encore l’intégration de modèles innovants dans l’économie rurale africaine, que j’ai eu l’honneur de diriger et les impacts multiples et notamment psycho-sociologiques de ces progrès, pas toujours simples à maîtriser.

 

 

Comment les mathématiques et l’informatique peuvent améliorer la démocratie

Rida LARAKI

La démocratie est en crise. Les citoyens Européens, Américains, Anglais, Suisses ou encore Marocains éprouvent une méfiance croissante à l’égard des mécanismes utilisés pour élire leurs représentants et organiser des référendums. Ces mécanismes sont injustes et manipulables. De plus, ils peuvent produire des résultats électoraux polarisants – par opposition à consensuels. Par exemple, les référendums binaires qui offrent deux options de réponses : oui-non peuvent conduire à une ambiguïté d’interprétation et donc à une division au lieu de donner des instructions claires à l’exécutif (e.g. le Brexit).

Une démocratie qui fonctionne commence par une élection qui fonctionne. Pour engager les électeurs dans le processus politique et obtenir un mandat plus clair, le vote doit être exprimé d’une manière optimale. Pour renforcer la confiance des électeurs dans le système, le vote doit être juste et résistant aux manipulations.

Motivée par ces principes démocratiques, la présentation vise à démontrer que :

A) Les mathématiques aident à concevoir de nouveaux mécanismes de vote qui sont justes, robustes et possibles. Nous développerons deux exemples: le jugement majoritaire (où les électeurs peuvent mieux exprimer leurs opinions complexes en évaluant chaque option dans une langue commune de notes, telles que «Excellent», «Très bien», «Bien, «Acceptable», «Insuffisant», «Rejeter».) et le système bi-proportionnel (qui nécessite un algorithme complexe pour calculer ses résultats mais qui est néanmoins devenu la loi dans plusieurs Cantons en Suisse).

B) Le numérique est important à différents niveaux pour garantir le bon fonctionnement de la démocratie et notamment la mise en place :

1)  d’une plateforme de votes qui permet aux électeurs de voter facilement et d’obtenir rapidement les résultats;

2) d’un algorithme efficace pour calculer et représenter les résultats;

3) d’une double sécurité : anonymat du vote et intégrité des résultats (cryptographie, blockchain).

4) d’une transparence, notamment des codes sources et d’un contrôle citoyen et juridique à tous les niveaux.

D’autres conditions sont évidement nécessaires pour garantir le bon fonctionnement d’une démocratie : l’éducation depuis le jeune âge (école, université), les institutions juridiques, un contrôle populaire, des médias indépendants, transparence du financement politique, etc.

La Sphère Numérique, Promesses et Menaces. Le Meilleur et le Pire des Mondes Possibles.

Présentation PPT de Professeur Rida LARAKI

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Commémoration MHO 9 septembre 2021

يخلد التاسع من شتنبر ذكرى تأبين المشمول برحمته الفقيد محمد حسن الوزاني الذي وافته المنية في التاسع من شتنبر سنة 1978
وتجتمع عائلة و أقارب المناضل الكبير في حفل ديني ينظم في الزاوية الوزانية بمدينة فاس حيث يرقد جسده الطاهر
لقد وضع الفقيد محمد حسن الوزاني حياته في خدمة وطنه، حيث جند مجهوداته المادية والمعنوية من أجل بناء مغرب حداثي، ديموقراطي وحر، يكون مرجعا لكل المغاربة الذين يطمحون لحقوق الانسان

Le 9 septembre 2021 est célébrée la commémoration du décès de Mohamed Hassan Ouazzani, le 9 septembre 1978.

La famille et les proches du grand patriote se réunissent pour une cérémonie religieuse sur sa tombe à la Zaouia Ouazzania en Médina de Fès.

La vie exemplaire de Mohamed Hassan Ouazzani au service de sa Patrie et son combat pour l’avènement d’un Maroc libre, moderne et démocratique demeurent une référence pour tous les Marocains aspirant au respect des droits fondamentaux.

La biographie* de Mohamed Hassan Ouazzani et ses écrits* sont disponibles sur le site du Centre Mohamed Hassan Ouazzani pour la Démocratie et le Développement Humain.

 

 

Nous vous invitons à écouter et lire les hommages dédiés à cette occasion et les discours prononcés lors de la commémoration du quarantième jour du décès de Mohamed Hassan Ouazzani en cliquant sur les liens suivants :

Hommage de Fathallah Oualalou 

Hommage de Abdelwahab Tazi Saoud 

Hommage de Ahmed Taieb Laalej  

Hommage Abderrahman El Youssoufi

Discours Commémoration du 40e Jour du Décès de MHO à partir de la page 84.

Ainsi que le Poème de Abdelkarim Ouazzani dédié à Mohamed Hassan Ouazzani en cliquant sur le lien suivant : Poème de Abdelkarim Ouazzani

Le documentaire sur la chaîne marocaine Al Aoula :

برنامج الرواد : محمد بن الحسن الوزاني

 

Les témoignages de Monsieur Hamza Al Amine : الزعيم محمد حسن الوزاني و تدويل القضية المغربية

Et la vidéo de la visioconférence commémorative organisée par le CMHO en 2020 : Mohamed Hassan Ouazzani : Combat pour la Souveraineté, la Démocratie, la Liberté, la Dignité et la Justice (Choix de textes et Commentaires)*

Vous pouvez également accéder à toutes les photos d’archive de feu Mohamed Hassan Ouazzani via le lien suivant : Photos d’archive MHO

 

 

*Liens cliquables

“الوزاني .. من “احتجاجات اللطيف” إلى زعامة “الشورى والاستقلال

 

 

 

“الوزاني .. من “احتجاجات اللطيف” إلى زعامة “الشورى والاستقلال

 

ربما لم يكن محمد بلحسن الوزاني منظرا سياسيا فقط، بل أيضا مؤطرا ومنظما سياسيا. وقد بدا ذلك في مشاركته المبكرة في احتجاجات ما سمي بـ”اللطيف” التي تعرض فيها للجلد بفاس، على غرار ما تعرض له عدد من الزعماء الوطنيين. كما بدا ذلك في مساهمته في تأسيس كتلة العمل الوطني، التي انسحب منها بعدما أبعد عن رئاستها التي أسندت إلى علال الفاسي؛ مما دفعه إلى تأسيس الحركة القومية في سنة 1937

.في هذا المقال، يعمل الدكتور محمد شقير على استعراض الكيفية التي تمكن بها الراحل من تكريس الهوية السياسية لحزب الشورى والاستقلال

وهذا نص المقال

يمكن القول بأن الزعيم محمد بلحسن الوزاني قد تفرد بمزايا خاصة في تأسيس وتأطير وتنظيم العمل السياسي؛ فمحمد بلحسن الوزاني لم يكن فقط منظرا سياسيا بل أيضا مؤطرا ومنظما سياسيا، حيث تجلى ذلك في مشاركته المبكرة في احتجاجات ما سمي بـ”اللطيف” التي تعرض فيها للجلد بفاس، على غرار ما تعرض له كل من علال الفاسي وغيره من الزعماء الوطنيين الذين أطروا هذه التظاهرات بمعناها السياسي لأول مرة في التاريخ السياسي الحديث للمغرب. كما تجلى ذلك في مساهمته في تأسيس كتلة العمل الوطني، التي انسحب منها بعدما أبعد عن رئاستها التي أسندت إلى علال الفاسي؛ مما دفعه إلى تأسيس الحركة القومية في سنة 1937، التي لم يتمكن من هيكلتها بعدما نفي إلى جنوب المغرب بعد أحداث بوفكران التي استغلتها سلطات الحماية الفرنسية لحظر كل تنظيم سياسي بالمغرب

ولعل مما ساعد الوزاني على امتلاك هذه الخصال التنظيمية هو تميزه عن زعماء الحركة الوطنية؛ كالزعيم علال الفاسي الذي تخرج من جامعة القرويين بفاس، أو عبد الله ابراهيم والفقيه محمد البصري اللذين تخرجا من جامعة ابن يوسف بمراكش، بدراسته للعلوم السياسية في مهدها الأصلي بفرنسا بعدما التحق بالمدرسة الحرة للعلوم السياسية، حيث كان أول مغربي حصل على الإجازة في هذه العلوم

بالإضافة إلى ذلك، استغل الوزاني وجوده بالديار الفرنسية، فدرس الصحافة والتاريخ. وبالتالي، فقد زاوج الوزاني بين القلم والخطبة، حيث كان يدبج المقالات الصحافية للسجال السياسي في حين كان يلجأ إلى الخطب للتعبئة والحشد والتوجيه السياسي. وبهذا الصدد، ألقى الزعيم العديد من الخطب سواء في منابر دولية واقليمية، أو في تجمعات حزبية حيث تم تجميعها في مؤلف من جزأين تناول الأول الخطب التي ألقاها الزعيم في الفترة ما بين 1933-1957، والثاني الخطب التي ألقيت في الفترة ما بين 1958 و1978

الوزاني والتنظيم الهيكلي للحزب

شكل الخطاب الذي ألقاه محمد بلحسن الوزاني في مؤتمر الحزب بفاس بتاريخ 19/20/21 شتنبر1959 لبنة أساسية في تنظيم حزب الشورى والاستقلال نظرا لاعتبارات عديدة من أهمها

ـ الاعتبار الأول كون هذا الخطاب يتزامن مع مرحلة حساسة في تاريخ المغرب السياسي والذي اتسمت بالصراع حول السلطة بعيد الاستقلال، سواء بين القصر وحزب الاستقلال أو بين هذا الحزب وباقي الأحزاب السياسية بالمغرب وعلى رأسها حزب الشورى والاستقلال الذي أسسه محمد بلحسن الوزاني

ـ الاعتبار الثاني كون هذا الخطاب يجسد مرحلة ولادة حزب الشورى والاستقلال وما رافق ذلك من خطوات وإجراءات لهيكلة الحزب وتقعيد تنظيماته على المستوى المركزي أو الجهوي أو المحلي والتي لعب فيها الوزاني دورا أساسيا وحاسما في بلورتها وتوجيه مساراتها. وهذا ما ألمع إليه الوزاني في فقرة وردت في هذا الخطاب، جاء فيها: “إن مهمتنا اليوم هي تنظيم الحزب عامة ومؤتمره الوطني خاصة، ومعنى هذا أننا سنفتح مرحلة جديدة حاسمة في تاريخ الحزب وحياته في الحاضر والمستقبل”

ـ الاعتبار الثالث كون هذا الخطاب يلخص مجمل الأفكار السياسية التي كان يعتنقها هذا الزعيم كإيمانه بالقومية العربية كعقيدة سياسية، وبالديمقراطية والشورى كنظام للحكم، والاشتراكية التقدمية كنظام لتوزيع الثروة الوطنية والتخفيف من الفوارق الاجتماعية، والتي حاول أن يحدد من خلالها الهوية السياسية للحزب الذي كان يتزعمه

وبالتالي، أكد الوزاني في هذا الخطاب على ضرورة هيكلة حزب الشورى والاستقلال على أسس تنظيمية قوية تقوم بالأساس على مجموعة من المرتكزات والتي من أهمها

ـ التمثيلية القاعدية للحزب من خلال الحرص على تمثيلية الفروع في المؤتمر الوطني للحزب

ـ تنظيم القيادة في الحزب على أساس التجديد وتوزيع العمل والمسؤولية بين الهيئات القيادية للحزب من لجان وغيرها

ـ انتخاب المجلس الوطني كهيئة تشريعية للحزب من طرف فعاليات مؤتمر الحزب

ـ النقد الذاتي كآلية لتصريف الخلافات داخل الحزب، شريطة أن يقوم على التجرد، والنزاهة، والصفاء والآداب؛ “فاستعمال أساليب النقد، والنقد الذاتي، يقول الوزاني، يعد من مميزات الأحزاب محكمة النظام، قوية البنيان فهو دليل قوتها ووحدتها ووسيلة رقيها ونموها

ـ الديمقراطية الداخلية التي ينبغي أن تقوم على حرية الرأي والتعبير عنه داخل الحزب، وحرية المناقشة، وانتخاب هيئات التسيير والقيادة، والمراقبة والمحاسبة، والمساواة التامة بين الأعضاء والمسؤولية عن الأعمال وتطبيق القرارات؛ الشيء الذي لا يتنافى مع واجب التضامن والاتحاد بين الأعضاء، خصوصا بين الأكثرية والأقلية في تنفيذ القرارات بعد المناقشة

ـ التشبث بأخلاقيات الحزب المتمثلة في الدفاع المستميت عن التنظيم والتضحية من أجل مبادئه وأهدافه السياسية، وسيادة الثقة بين أعضائه، واليقظة والحذر من كل العناصر المندسة التي تسعى إلى تشويه سمعة الحزب

الوزاني والهوية السياسية للحزب

أكد الوزاني، من خلال هذا الخطاب، على ضرورة أن يكون لحزب الشورى والاستقلال مذهب سياسي باعتباره “العنصر الأول من عناصر القوة في كل حزب، وأعني به المذهب السياسي أو فلسفة الحزب”. فعلى الرغم من أن الحزب “كان وما فتئ حزب الأفكار النيرة، والاتجاهات الواضحة، والمواقف الجريئة… التي تنشر وتنتصر كل يوم في الشعب، بل فرضت نفسها اليوم على المسؤولين الذين طالما حاربوها بكل وسيلة طمعا في القضاء عليها …” فإن هذا لا يمنع في نظر منظر الحزب وزعيمه من “إعادة النظر في مذهب الحزب وفلسفته للتقوية، والتجديد، والتوضيح، والتحديد

وبالتالي، فقد حدد الوزاني ماهية الحزب وهويته السياسية في ثلاثة مرتكزات أساسية

أولا- القومية العربية المتحررة كعقيدة سياسية للحزب

حدد الوزاني مفهومه للقومية في زمن القوميات بأنه يختلف عن القومية الزائفة التي تقوم على التعصب العرقي أو الديني أو اللغوي والتي تخرج بأصحابها كما يقول مفكرنا “عن حدود العقل، والحكمة، والإنسانية، إذ تقوم على العنصرية، والعصبية، والشعوبية والعداوة للغير”، وكانت وراء الكثير من الحروب المدمرة، وعداوات الدول وعدم تفاهم الأمم، ويفضل بدلها القومية الرشيدة التي تقوم على الفضيلة، والوطنية، والإنسانية، والعقل، والحكمة. وهكذا، تشكل القومية في نظر الوزاني بوصلة سياسية في توجيه الحركة الوطنية المغربية في “اتجاه الحرية والديمقراطية، والتقدمية”، وكذا في محاربة الاستعمار و”حمايته المزورة الباطلة”، إذ يعتبر الوزاني بأن القومية الرشيدة لا تعتبر صالحة فقط لمواجهة المستعمر، بل أيضا لإرساء استقلال المغرب على أسس متينة تقوم على رفع المستويين المادي والمعنوي للشعب ونشر قيم الإخاء والتضامن وثقافة الصالح العام. كما يعتبر الوزاني بأن القومية المتبناة من طرف الحزب ينبغي أن تتوسع لتشمل مشمول الوطن العربي؛ فالقومية العربية ينبغي أن تكون آلية للتحرر والتحرير، حيث “ترمي القومية العربية المتحررة إلى تحرير جميع بلاد العروبة سياسيا واجتماعيا واقتصاديا ودوليا، فكذلك ترمي إلى توحيد الأمة العربية، فهي لا تعترف بالتجزئة، والانفصال، والانعزال”. كما أن مفهوم القومية العربية المتحررة لا يعني انغلاق الأمة العربية على نفسها؛ بل يعني انفتاحها على مجموع دول العالم، في علاقة تقوم على الصداقة والتعاون، وعدم الانحياز لصالح كتلة ضد كتلة منافسة في زمن التكتلات والحرب الباردة والصراع بين دول المعسكر الغربي ودول المعسكر الشرقي. وبالتالي، فقد شكلت هذه القومية في نظر الوزاني بوصلة سياسية للتعامل الخارجي والسياسة الخارجية، سواء في الانضمام إلى حلف بغداد؛ “فباسم هذه القومية العربية المتحررة، يقول الوزاني- حارب حزبنا حلف بغداد الذي مزق وحدة العرب، وعرقل سير الجامعة العربية وأوجد الخلاف والتطاحن بين الدول العربية، وربط بعضها بركاب الاستعمار والحرب، وقد حاربنا ذلك الحلف المشؤوم مع العرب ولصالح العرب، كما حاربناه وقتما كان المغرب وشيك الانضمام إليه”، أو في تبني سياسة عدم الانحياز “باسم القومية العربية عارضنا سياسة التبعية والانحياز إلى الكتلة الغربية الاستعمارية، وباسم القومية العربية أيضا ناضلنا في سبيل انضمام المغرب إلى جامعة الدول العربية غير عابئين بالتعلات والاعذار الرسمية الواهية”، أو مساندة حركات التحرر العربي المطالبة بالاستقلال واستكمال السيادة ” وأخيرا باسم القومية العربية طالبنا الحكومة المغربية بالتعجيل بالاعتراف بالجمهورية العربية المتحدة، وبحكومة الجزائر المجاهدة

ثانيا-الديمقراطية المثلى كهدف سياسي للحزب

اعتبر الوزاني أن العنصر الثاني المكون لهوية الحزب هو العمل على إرساء الديمقراطية بالبلاد نظرا للاعتبارات التالية

ـ أولهما لأن المغرب بلد ترسخت فيه النزعة الديمقراطية منذ القديم؛ فهو “ديمقراطي بالطبع والفطرة”، ومن ثمة تسميته الأمازيغية بلد الأحرار

ـ ثانيهما أن الحزب منذ تأسيسه “كحركة قومية مغربية وهو قائم على الشورى كأحد مبادئه الأساسية، وعلى محاربة الاستبداد

ـ ثالتهما يتمثل في التضحيات الكبرى التي قدمها قياديو ونشطاء الحزب من أجل تحقيق الديمقراطية

ـ رابعها وهو أن الديمقراطية تجد مرجعيتها في الشورى التي دعا إليها دستور الإسلام؛ وهو القرآن الذي نص في آية من آياته وأمرهم شورى بينهم، كما أن التجربة السياسية في عهد ثاني خليفة للرسول استنكرت استعباد الناس الذين ولدتهم أمهاتهم أحرارا

وبالتالي، فالديمقراطية والشورى هما صنوان سياسيان في نظر الوزاني حيث يقومان على “مبدأ سيادة الأمة والحرية، والمساواة بين الجميع أمام القانون، والعدالة والإخاء، والتعاون، والانتخاب، وتكافؤ الفرص في معترك الحياة”، إذ يرى الوزاني بانه ما دام “أن الشورى والديمقراطية ترتكزان على الحكم الصالح، وسيادة القانون الحق، والعدالة الاجتماعية، والحرية السياسية، والرفاهية الاقتصادية ” فهذا يعني في نظره بأن “كل ديمقراطية ليست بصالحة

من هنا، أكد على ضرورة محاربة كل الأشكال الزائفة للديمقراطية، بما فيها تلك المطبقة بالمغرب التي يعتبرها تشويها ومسخا “لحقيقة الشورى الإسلامية، والديمقراطية الصحيحة” والتي تقوم على الظلم والفساد والاستبداد. وبالتالي، فقد دعا إلى محاربة الاستبداد بكل أشكاله وعد تبريره بالقول بأن الشعب غير ناضج للديمقراطية، أو التخويف من خطر ارتكاب الأخطاء في ممارسة الديمقراطية، حيث إن ذلك مردود عليه بأن الشعب الذي ناضل من أجل الحصول على الاستقلال جدير بتمتعه بنظام ديمقراطي وممارسة حقوقه السياسية

ثالثا – التقدمية الاشتراكية كخيار اقتصادي

تشكل التقدمية الاشتراكية في نظر الوزاني العنصر الثالث لهوية الحزب السياسية، والتي تختلف عن الاشتراكية الماركسية التي تقوم على “بناء مجتمع تسود فيه الدولة، وتهيمن فيه على كل شيء مما يجعل الحكم ديكتاتوريا، والاقتصاد احتكارا، والرأسمال دوليا، والفرد ضحية، والمجتمع آلة”؛ مما يؤدي إلى اختلال التوازن في المجتمع. في حين أن الاشتراكية التي نادى بها الوزاني هي تلك التي تقوم على التوازن بين الحقوق والواجبات، سواء بالنسبة للفرد أو الدولة دون التضحية بأحدهما على حساب الآخر. كما أن من مقومات هذه الاشتراكية محاربة كافة أنواع الاستغلال سواء من طرف الأجانب أو أبناء البلد، والعمل على القضاء على كل أشكال الرجعية، والإقطاعية، والوصولية، والانتهازية، والاحتكار، وسيطرة الرأسمال على الدولة في الحكم والسياسة، والعمل على تحرير الاقتصاد القومي من التبعية الاجنبية، والحد من الفوارق الاجتماعية، وتشجيع الرأسمالية الوطنية التي تخدم الصالح العام

وبالتالي، فقد لخص الوزاني هذه الاشتراكية التقدمية بأنها ليست رأسمالية ولا ماركسية، ولا شيوعية، ولا ديكتاتورية، بل هي اشتراكية متزنة، رشيدة، سليمة، تهدف إلى تحقيق العدالة الاجتماعية والاقتصادية لصالح الجميع

أما الوسيلة الفضلى لتحقيق هذه الاشتراكية التقدمية فتقوم على الانقلاب بالوسائل الشرعية وبالنضال الديمقراطي والمعارضة الشرعية لأي سياسة رسمية تقوم على الفساد والاستبداد والاستغلال

وعموما، فمن خلال قراءة لمضامين هذا الخطاب يلاحظ مدى الانسجام بين هذه المضامين ومكونات فكره السياسي التي كانت تقوم في مجملها على إرساء الحكم الديمقراطي من خلال اللجوء إلى الأساليب الشرعية من نضال ديمقراطي وممارسة المعارضة الشرعية عبر تنظيم سياسي يؤمن أعضاؤه ونشطاؤه بالتضحية من أجل خلق مجتمع جديد قائم على التوازن بين واجبات الدولة وحقوق المواطن، وترسيخ قيم العدالة الاجتماعية من خلال التقليص من الفوارق الاجتماعية، ومحاربة الفساد والاستبداد بكل مظاهره ولعل هذه المطالب السياسية هي التي ما زال المناضلون كل من موقعه يطالبون بتطبيقها

وعموما، فقد انفرد الوزاني في منظومة سياسية سادت فيها الأصولية بكل تلويناتها السلفية والماركسية والإسلامية بالمزاوجة بين التنظير السياسي من خلال ترسيخه للفكر الليبرالي ونشره بين مكونات نخب الدولة والمجتمع من خلال دعوته إلى تبني المفاهيم السياسية الحديثة في الفكر السياسي المغربي؛ كالقومية، والديمقراطية، والتعددية الحزبية، والتنظيم السياسي من خلال ممارسته للسياسة كخدمة للأمة، بعيدا عن الجري وراء المناصب والانتفاع الشخصي والارتزاق السياسي. مما جعل فكره السياسي متميزا ليس فقط بربطه المطالبة بالاستقلال بإقامة نظام سياسي ديمقراطي تتوزع فيه السلطة بين مؤسسات تمثيلية لا تطغى فيها سلطة على أخرى ويقوم على دستور غير ممنوح تضعه جمعية تأسيسية منتخبة، بل أيضا بإثارة قضايا سياسية ما زالت تناقش إلى حد الآن من ملكية دستورية، ومظاهر الفساد السياسي، والبلقنة الحزبية…، الشيء الذي يضفي على فكره السياسي راهنية خاصة

المصدر : https://m.hespress.com/histoire/488812.html

Comment se réinventer en tant que Citoyens pour une Société Innovante et Compétitive?

Mesdames, Messieurs

Le Centre Mohamed Hassan Ouazzani pour la Démocratie et le Développement Humain a eu le plaisir de vous inviter à sa première visioconférence au titre de l’année 2021, intitulée :

Comment se réinventer en tant que Citoyens pour une Société Innovante et Compétitive?

 Jeudi 11 Février 2021 à 17h30 

La conférence a été animée par Maha STELATE, Collaboratrice Scientifique du CMHO et Doctorante-Chercheur ès Sciences de Gestion.

En collaboration avec L’Blane for Développement et avec la participation de :

Samia GHMIMED, Junior Manager de Construction à S.M Bureau d’études techniques, Conseillère en Orientation Scolaire, Universitaire et de Carrière, et Secrétaire Générale de L’blane for Developement.

Youssef STELATE, Ingénieur IT à la Commission Nationale de Contrôle de Protection des Données à Caractère Personnel (CNDP), CTO à Hydrobarley, et Président de L’blane for Development.

Nous vous remercions d’avoir suivi la séance disponible sur notre chaîne YouTube.

Avec nos meilleures salutations.

Maha STELATE

Maha Stelate est Collaboratrice Scientifique au sein du Centre Mohamed Hassan Ouazzani pour la Démocratie et le Développement Humain et Doctorante-Chercheur ès Sciences de Gestion au sein du Laboratoire de Recherche : Gestion des Compétences, de l’Innovation et des Aspects Sociaux des Organisations et des Economies (GECIAS) – FSJES Ain Chock – Université Hassan II de Casablanca.

 

Comment se réinventer en tant que citoyens pour une société innovante et compétitive ?

Le dramaturge Irlandais Georges-Bernard Shaw avait dit que « dans la vie, il y a deux catégories d’individus : ceux qui regardent le monde tel qu’il est, et se demandent pourquoi. Et ceux qui imaginent le monde tel qu’il devrait être, et qui se disent : pourquoi pas ? ». Au Maroc, le peuple a choisi depuis un bon moment de se caser dans la première catégorie passive, alors que seule une minorité qui semble ambitieuse et qui s’inscrit dans la deuxième case, celle des citoyens actifs, producteurs, et prêts à explorer le Monde et en faire un paradis.

Cet écart entre des gens vivant dans un même territoire nous pousse à se demander si jamais ce peuple pourrait un jour éclore de cette zone de confort, et de nous donner un exemple de réponse à notre question : Comment est-ce qu’un peuple pourrait se réinventer en tant que citoyens pour une société innovante et conséquemment compétitive ? Lire la suite…