{"id":4116,"date":"2005-04-22T19:38:23","date_gmt":"2005-04-22T18:38:23","guid":{"rendered":"http:\/\/2fois11.com\/ouazzani\/?p=4116"},"modified":"2016-04-14T10:42:02","modified_gmt":"2016-04-14T09:42:02","slug":"histoire-listiqlal-tortionnaire","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/mohamedhassanouazzani.org\/?p=4116","title":{"rendered":"Histoire. L&rsquo;Istiqlal tortionnaire ?"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/mohamedhassanouazzani.org\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Telquel.jpg\" rel=\"attachment wp-att-6018\"><img loading=\"lazy\" class=\"alignnone size-full wp-image-6018\" src=\"http:\/\/mohamedhassanouazzani.org\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Telquel.jpg\" alt=\"Telquel\" width=\"176\" height=\"49\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Publi\u00e9 par TelQuel, n\u00b0 172, avril 2005.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;istiqlal tortionnaire?<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Par Driss Bennani<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L&rsquo;Istiqlal a tortur\u00e9 des centaines de personnes dans des maisons de torture secr\u00e8tes entre 1956 et 1960. Des cadres du parti le reconnaissent aujourd&rsquo;hui. Mais de quel Istiqlal parlons-nous ? Celui de Balafrej, d&rsquo;El Fassi ou de\u2026 Ben Barka ? Enqu\u00eate<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Saura-t-on, un jour, ce qui s&rsquo;est r\u00e9ellement pass\u00e9 lors des trois premi\u00e8res ann\u00e9es de l&rsquo;ind\u00e9pendance ? Nos responsables politiques (certains d&rsquo;entre eux) auront-ils le courage d&rsquo;assumer enfin ce que les plus honn\u00eates d&rsquo;entre eux appellent gentiment<br \/>\naujourd&rsquo;hui \u00ab\u00a0les \u00e9carts de d\u00e9part\u00a0\u00bb ? Cesseront-ils de noyer la v\u00e9rit\u00e9 au milieu de leurs accusations crois\u00e9es, et souvent manipulatrices ? Une r\u00e9cente visite \u00e0 Dar Bricha (T\u00e9touan) a brusquement remis ces questions au go\u00fbt du jour. Initi\u00e9e par le Forum v\u00e9rit\u00e9 et justice (FVJ), elle a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 au grand public cette banale maison t\u00e9touanaise, dress\u00e9e au milieu de nulle part, d\u00e9labr\u00e9e et aujourd&rsquo;hui habit\u00e9e par deux familles nombreuses\u2026 et visiblement pas tout \u00e0 fait au courant de l&rsquo;objet de la visite ce jour-l\u00e0. Pourquoi autant de monde s&rsquo;\u00e9tait-il soudain donn\u00e9 rendez-vous devant leur ancienne demeure ? Que trouvent-ils de si int\u00e9ressant \u00e0 ces murs qu&rsquo;un promoteur immobilier avait menac\u00e9 de raser il n&rsquo;y a pas si longtemps de cela ? Ils seront les premiers surpris en apprenant que, l\u00e0 m\u00eame o\u00f9 ils vivent aujourd&rsquo;hui, des hommes ont go\u00fbt\u00e9 aux pires des tortures et que, pour beaucoup, Dar Bricha \u00e9tait la \u00ab\u00a0derni\u00e8re demeure\u00a0\u00bb. Bien avant Derb Moulay Cherif, Agdez ou Tazmamart. La premi\u00e8re maison de torture du Maroc ind\u00e9pendant. Rien que \u00e7a.<br \/>\nQui y \u00e9tait tortur\u00e9, par qui, quand, comment et pourquoi ? Difficile de r\u00e9pondre. \u00e0 moins de c\u00e9der aux versions aussi t\u00eatues des uns que des autres, il est difficile de fournir des r\u00e9ponses vraies et affirmatives. Grosso modo, disons que (ce sont les seuls faits av\u00e9r\u00e9s) Dar Bricha \u00e9tait tenue par des istiqlaliens ou proches du parti nationaliste, que de nombreux Chouris (membres du parti de la Choura et de l&rsquo;Istiqlal) et autres y ont \u00e9t\u00e9 tortur\u00e9s \u00e0 partir de 1956. Aller plus loin dans la recherche de v\u00e9rit\u00e9 se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre un v\u00e9ritable casse-t\u00eate. \u00ab\u00a0M\u00eame au niveau de l&rsquo;IER, il est difficile de trancher, tant ces premi\u00e8res ann\u00e9es de l&rsquo;ind\u00e9pendance restent floues. Le paysage politique \u00e9tait encore un tout compact et le pouvoir trop dilu\u00e9 pour que des responsabilit\u00e9s soient clairement \u00e9tablies\u00a0\u00bb, analyse cet observateur, proche des membres de l&rsquo;instance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L&rsquo;Istiqlal, mais lequel ?<\/strong><br \/>\nDans l&rsquo;esprit des Chouris pourtant, point de doute. Leur parti est aujourd&rsquo;hui presque inexistant et n&rsquo;ont qu&rsquo;une revanche \u00e0 prendre, acculer l&rsquo;Istiqlal, leur ennemi de toujours. Abdessalam Ouazzani est le coordonnateur du parti du Choura et de l&rsquo;Istiqlal dans les provinces du nord. Le sexag\u00e9naire ne bronche m\u00eame en lan\u00e7ant, une \u00e9ni\u00e8me fois sans doute, que \u00ab\u00a0l&rsquo;Istiqlal est \u00e0 100% responsable des atrocit\u00e9s qui ont eu lieu au lendemain de l&rsquo;ind\u00e9pendance\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Le parti d&rsquo;Allal El Fassi, poursuit Ouazzani, enlevait nos militants, les torturaient, souvent \u00e0 mort. L&rsquo;Istiqlal est le pr\u00e9curseur du crime politique au Maroc ind\u00e9pendant\u00a0\u00bb. Exactement le genre de d\u00e9clarations qui fait m\u00e9chamment sourire les cadors du parti d&rsquo;Allal El Fassi. Sans renier cette \u00e9poque sombre de l&rsquo;histoire r\u00e9cente du pays (ils reconnaissent les tortures, l&rsquo;existence de Dar Bricha, etc.), ils insistent, dans un premier temps, sur le c\u00f4t\u00e9 \u00ab\u00a0sporadique et spontan\u00e9 de ces \u00e9gards\u00a0\u00bb. Pour beaucoup d&rsquo;entre eux, \u00ab\u00a0il s&rsquo;agit de groupes de Feddaiyine (r\u00e9sistants) r\u00e9fugi\u00e9s dans certains rep\u00e8res du parti (dont Dar Bricha), devenus incontr\u00f4lables apr\u00e8s l&rsquo;ind\u00e9pendance, et qui auraient agi de leur propre gr\u00e9\u00a0\u00bb.<br \/>\nPremier point donc, il existait bien une relation organique entre les tortionnaires et le parti de l&rsquo;Istiqlal, de l&rsquo;aveu m\u00eame de certains leaders actuels. Mais agissaient-ils r\u00e9ellement sans l&rsquo;aval de la direction centrale du parti, \u00e9taient-ils r\u00e9ellement incontr\u00f4lables ?<br \/>\nDifficile de faire croire cette version des faits aux quelques chouris endurcis, encore \u00e0 la recherche d&rsquo;\u00e9quit\u00e9 (peut-\u00eatre moins de r\u00e9conciliation). C&rsquo;est que ces derniers ont leurs arguments \u00e9galement. \u00ab\u00a0Les enl\u00e8vements se faisaient en voiture, ex\u00e9cut\u00e9s par des groupes sur les routes, \u00e0 la sortie des maisons, etc. Des centaines de personnes enlev\u00e9es, au m\u00eame moment, \u00e9taient ensuite emprisonn\u00e9es dans plusieurs maisons de tortures dans le nord du royaume, d\u00e9plac\u00e9es, etc. Tout cela n\u00e9cessite des moyens, une strat\u00e9gie. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas du tout improvis\u00e9. C&rsquo;est risible d&rsquo;entendre des responsables actuels de l&rsquo;Istiqlal dire que leurs \u00e9tat-majors n&rsquo;\u00e9taient pas au courant\u00a0\u00bb. Sous couvert d&rsquo;anonymat et de conditionnel, ce jeune responsable istiqlali rod\u00e9 aux ruses du vieux parti analyse : \u00ab\u00a0Vu que les victimes \u00e9taient des chouris, le bourreau ne pouvait \u00eatre qu&rsquo;istiqlali\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0D&rsquo;accord, mais de quel Istiqlal parle-t-on dans ce cas?\u00a0\u00bb, s&rsquo;aventure presque \u00e0 penser un membre du conseil national du parti. La question, d&rsquo;apparence anodine et politicienne, est pourtant lucide. Jusqu&rsquo;en 1959, date de la cr\u00e9ation de l&rsquo;UNFP, l&rsquo;Istiqlal r\u00e9unissait tous les courants politiques du Maroc. Y cohabitaient des gens comme Allal El Fassi, Mohamed Boucetta, mais aussi Abderrahim Bouabid et Mehdi Ben Barka. Ce qui permet \u00e0 certains renards du parti nationaliste de se blanchir en acculant l&rsquo;aile gauchiste et blanquiste que couvait l&rsquo;Istiqlal. \u00ab\u00a0Ce sont eux qui sont \u00e0 l&rsquo;origine de ces massacres, c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs dans leur culture. Ne s&rsquo;illustreront-ils pas plus tard par plusieurs actes de violence ?\u00a0\u00bb, lance le m\u00eame membre du conseil national. Le ton change \u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Et l&rsquo;\u00e9tat dans tout cela ?<\/strong><br \/>\nSelon une correspondance r\u00e9dig\u00e9e par Abdelkrim El Khattabi \u00e0 l&rsquo;attention de Mohamed Ouazzani (chef du parti de la Choura et de l&rsquo;Istiqlal) en 1960 (voir encadr\u00e9), l&rsquo;\u00e9mir du Rif liste des maisons de torture existant partout dans le royaume, et estime le nombre de tortur\u00e9s entre 1956 et 1960 \u00e0 plus de 9000 personnes. \u00ab\u00a0Le chiffre est exag\u00e9r\u00e9, peut-\u00eatre m\u00eame multipli\u00e9 par 10\u00a0\u00bb, analyse un observateur ind\u00e9pendant. Qu&rsquo;\u00e0 cela ne tienne, une question s&rsquo;impose : o\u00f9 \u00e9tait donc l&rsquo;\u00e9tat (ou la monarchie) au moment o\u00f9 des centaines de ses citoyens (sujets) \u00e9taient enlev\u00e9s, tortur\u00e9s, tu\u00e9s et enterr\u00e9s? Si Abdelkrim El Khattabi, de son exil au Caire, a pu estimer cela, qu&rsquo;en est-il du pouvoir central \u00e0 Rabat ? \u00ab\u00a0C&rsquo;est ne pas se mettre dans le contexte de l&rsquo;\u00e9poque\u00a0\u00bb, r\u00e9pond cet historien. En 1956, le Maroc acc\u00e8de tout juste \u00e0 l&rsquo;ind\u00e9pendance. D\u00e8s son retour d&rsquo;exil, Mohammed V affirme qu&rsquo;il est d\u00e9sormais roi de tous les Marocains. L&rsquo;Istiqlal, parti qui a toujours co-revendiqu\u00e9 la paternit\u00e9 de l&rsquo;ind\u00e9pendance, sent le coup venir. Fin 1955, un gouvernement pluriel est nomm\u00e9, avec un Premier ministre ind\u00e9pendant \u00e0 sa t\u00eate (El Bekkay), 10 ministres de l&rsquo;Istiqlal et 6 du Choura. L&rsquo;Istiqlal rumine sa rage et finit par revendiquer un gouvernement homog\u00e8ne, mena\u00e7ant de quitter celui d\u00e9j\u00e0 en place. En 1956, craignant que la popularit\u00e9 du parti d&rsquo;Allal El Fassi ne se retourne contre lui, Mohammed V c\u00e8de aux pressions et nomme Ahmed Balafrej \u00e0 la t\u00eate d&rsquo;un gouvernement Istiqlali. Petit \u00e0 petit, le parti tisse sa toile un peu partout dans les institutions du jeune \u00e9tat ind\u00e9pendant au point de s&rsquo;en confondre. \u00ab\u00a0Ils contr\u00f4laient la police, la justice, les prisons, etc. Ils \u00e9taient gouverneurs, procureurs et ministres. Un rouleau compresseur qui rasait tout ce qui ne lui plaisait pas\u00a0\u00bb, raconte Abdessalam Ouazzani. \u00e0 commencer par les Chouris, \u00e9videmment.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Pourquoi ?<\/strong><br \/>\nLe parti d&rsquo;El Ouazzani rassemblait une \u00e9lite avant-gardiste et lib\u00e9rale qui d\u00e9rangeait (elle parlait d\u00e9j\u00e0 de monarchie constitutionnelle, de libert\u00e9s publiques, de l\u00e9gitimit\u00e9 d\u00e9mocratique, de pluralisme). \u00ab\u00a0L&rsquo;Istiqlal voulait, lui, jalousement garder sa position de premier parti nationaliste et l&rsquo;image du parti dont les cadres ont lib\u00e9r\u00e9 la nation\u00a0\u00bb, reconna\u00eet un responsable actuel du parti. Cela revient-il \u00e0 reconna\u00eetre (expliquer) les exc\u00e8s des premi\u00e8res ann\u00e9es d&rsquo;ind\u00e9pendance ? Silence radio.<br \/>\nDes t\u00e9moignages r\u00e9cents (dont celui de Abdallah Ouaggouti, grand compagnon d&rsquo;Abdelkrim El Khatib) font cependant sortir les responsables de l&rsquo;Istiqlal de leurs gonds. Ils racontent comment Allal El Fassi a personnellement visit\u00e9 Dar Bricha et demand\u00e9 \u00e0 ce qu&rsquo;on lui fasse entendre les hurlements des chouris. Et l\u00e0, c&rsquo;est le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du parti en personne qui monte au cr\u00e9neau. Selon Abb\u00e8s El Fassi, \u00ab\u00a0dire cela est insultant. Cela ne nous d\u00e9range pas que le peuple marocain sache toute la v\u00e9rit\u00e9 sur ce qui a pu se passer lors de ces ann\u00e9es et sur ceux qui se sont r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger et ont souvent b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d&rsquo;aides et de largesses de l&rsquo;\u00e9tranger\u00a0\u00bb. La r\u00e9f\u00e9rence, \u00e0 peine voil\u00e9e aux gauchistes de l&rsquo;Istiqlal de 56, est cens\u00e9e blanchir le parti de droite. Mais reconna\u00eet de fait, au moins, l&rsquo;existence et l&rsquo;ampleur de ces crimes et l&rsquo;origine de la relation avec l&rsquo;Istiqlal. Et Mohammed V ? Il \u00e9tait apparemment au courant mais n&rsquo;avait pas les moyens de contrer un parti qui avait, \u00e0 un moment, plus de pouvoir que lui. Reste Mehdi Ben Barka. Dans une r\u00e9cente interview, Abdelwahed Ma\u00e2ch, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du parti de la Choura et de l&rsquo;Istiqlal ne m\u00e2che pas ses mots pour accuser le leader socialiste d&rsquo;avoir orchestr\u00e9 tout cela avec Ahmed Balafrej\u2026 blanchissant au passage Allal El Fassi. Retour \u00e0 la case d\u00e9part.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Document. Quand Abdelkrim accable<\/strong><br \/>\nC&rsquo;est un document dat\u00e9 de 1960. Une lettre de huit pages envoy\u00e9e par Abdelkrim El Khattabi \u00e0 Mohamed Ouazzani, chef du parti de la Choura et de l&rsquo;Istiqlal. Gr\u00e2ce \u00e0 ses services de s\u00e9curit\u00e9, l&rsquo;\u00e9mir du Rif y dit pouvoir quantifier l&rsquo;ampleur des crimes politiques qui ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s dans le pays \u00e0 partir de 1956. En tout, estime Abdelkrim, ce sont 9672 personnes qui auraient \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9es dans la centaine de centres de d\u00e9tention dissimul\u00e9s dans tout le royaume (et que Abdelkrim liste avec pr\u00e9cision dans sa lettre). En outre, Abdelkrim dit pouvoir fournir tous les d\u00e9tails concernant les personnes arr\u00eat\u00e9es (jusque leur \u00e9tat civil, dit-il). \u00e0 aucun moment cependant, Abdelkrim ne cite clairement l&rsquo;Istiqlal, s&rsquo;attardant sur des images et des insinuations qui renvoient au parti d&rsquo;Allal El Fassi.<br \/>\nMaintenant quel cr\u00e9dit donner \u00e0 ce document ? \u00ab\u00a0Les chiffres y sont certainement exag\u00e9r\u00e9s, personne ne pouvait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque quantifier les crimes avec autant de pr\u00e9cision. Mais l&rsquo;honn\u00eatet\u00e9 des informations concernant les lieux de torture et les m\u00e9thodes utilis\u00e9es est \u00e9tablie\u00a0\u00bb, explique un historien.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Publi\u00e9 par TelQuel, n\u00b0 172, avril 2005. L&rsquo;istiqlal tortionnaire? Par Driss Bennani L&rsquo;Istiqlal a tortur\u00e9 des centaines de personnes dans des maisons de torture secr\u00e8tes entre 1956 et 1960. 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